[VIDÉO]-ABDOUL BAAL, DG DE LA SDE : « NOUS ATTENDONS AVEC SÉRÉNITÉ LA DÉCISION DE LA COUR SUPRÊME »

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JURY DU DIMANCHE

La bataille autour du contrat d’affermage de l’eau est loin d’être terminée. Loin de se déclarer vaincue, la Sénégalaise des eaux (SDE), qui conteste plus que jamais l’attribution de l’exploitation de l’eau au profit du groupe SUEZ, attend « avec sérénité » la décision de la Cour suprême.

Invité, ce 25 août, du Jury du dimanche (JDD), émission de Mamoudou Ibra Kane sur iRadio, Abdoul Baal, le Directeur général de la SDE, émet des réserves sur la procédure : « Nous contestons parce que nous avons de sérieux doutes sur l’impartialité et sur l’objectivité du comité technique d’évaluation. Cela nous gêne parce que l’ARMP (Autorité de régulation des marchés publics) a demandé à ce comité de réévaluer les offres, il n’y a pas eu de réévaluation des offres en réalité. Le comité est resté sur ses positions. Je dis très clairement, très fermement que le comité, de manière délibérée, n’a pas suivi les orientations et les indications de l’ARMP. Je ne suis pas loin de penser que l’ARMP a subi des pressions venant de divers horizons. Ce comité a été récusé par l’ARMP. Avant ça, par la Direction centrale des marchés publics (DCMP). Donc plusieurs fois, on leur a demandé de revoir leur copie. L’ARMP a fini par accepter ce qu’elle avait refusé. Quand vous acceptez dans un deuxième temps ce que vous aviez refusé sans qu’il y ait modification, il y a lieu de se poser des questions. »

La Cour suprême saisie depuis le 5 juillet, la SDE attend donc « avec sérénité » son verdict, selon les précisions d’Abdoul Baal. Qui souligne : « Nous ne doutons pas que le droit va être dit. Nous croyons fermement, nous sommes convaincus que cette adjudication reviendra à la SDE. Si nous perdons, nous continuerons à nous appuyer sur les éléments de droit toujours. Je pense que d’autres éléments de recours existent mais aujourd’hui, au moment où je vous parle nous avons absolument confiance à notre Cour suprême. Et nous estimons sur la base des éléments de ce dossier que le droit va être respecté. » Si cela s’avère « nécessaire », il n’exclut pas d’internationaliser le combat, en saisissant les juridictions internationales. D’autant plus que, soutient-il mordicus, « c’est l’offre financière qui l’emporte sur tout le reste. Et l’attributaire, c’est celui qui offre le prix exploitant le plus bas. Et en l’occurrence, celui qui l’a fait, c’est clairement la SDE. »

Pour l’heure, suite à l’avenant de 6 mois, et le recours au niveau de la Cour suprême n’étant pas suspensif, « la procédure de passation de témoin avec SUEZ est engagée par le ministère de l’Eau et de l’Assainissement », précise Abdoul Baal. L’échéance est fixée au 31 décembre 2019 à 23h59mn.
Ses activités ayant commencé le 23 avril 1996, la SDE gérait la distribution de l’eau au Sénégal depuis 23 ans.

Dans ce dossier, le Forum social a, déjà, annoncé une plainte auprès des Institutions internationales et autres Comités d’éthique. Son coordonnateur, Mamadou Mignane Diouf, et ses camarades accusent l’ancien ministre de l’Hydraulique, Mansour Faye de corruption présumée. Ils sont convaincus, motivaient-ils, en avril 2019, qu’il y a « bel et bien (eu) un deal entre la société française, Suez et les autorités (dudit) ministère » dans l’octroi du contrat d’affermage de l’eau au Sénégal.

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