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"LE SÉNÉGAL EST LE PREMIER CERCLE DE SÉCURITÉ DE BARROW"

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Cheikh Sidiya Bayo séjourne au Sénégal depuis, depuis ce jeudi 30 décembre. L’ex opposant au président, Yaya Jammeh, est revenu en odeur de sainteté au Sénégal depuis deux ans, après son expulsion du pays en 2015 pour ses propos peu diplomatiques contre le régime de Banjul de l’époque. Aujourd’hui, Sidiya Bayo revendique une certaine proximité avec Adama Barrow, actuel chef d’État du pays. Dans cet entretien avec Emedia.sn, il évoque leurs relations, revient longuement sur les rapports étroits entre le Sénégal et la Gambie et bien d’autres choses encore.

Sidya Bayo ne veut pas entendre parler d’ingérence dans les relations entre le Sénégal et la Gambie. Après la dernière présidentielle gambienne, marquée par la réélection de Barrow, l’opposant et poulain de l’ex-dictateur Yaya Jammeh, Mammah Kandé, a accusé le Sénégal de s’immiscer un peu trop dans leurs affaires intérieures « Il faut être sérieux, et responsable », réplique Bayo.

“Sans le Sénégal, Yaya Jammeh ne serait pas tombé”

« Très franchement, quand vous avez une mission de la CEDEAO de plus de 4500 soldats qui sont en Gambie, qui est dirigée par le Sénégal, on ne peut pas parler d’ingérence. Il faut parler du partenariat actuel avec la Gambie. Si vous parlez d’ingérence, vous remettrez en question la mission de la CEDEAO, qui est diligentée par le Sénégal parce que nous avons des relations historiques. Nous avons un raffermissement de nos relations qui n’étaient pas au beau fixe sous Yaya Jammeh. Il n’y a aucune raison de parler d’ingérence », estime-t-il. Poursuivant, il ajoute : « bien au contraire, sans le Sénégal, je le dis très solennellement, je ne pense pas que Yaya Jammeh serait tombé. Maintenant, on peut dire ce qu’on veut mais la réalité est là. Il n’y aura jamais de fin dans l’histoire du Sénégal et de la Gambie. Nous avons les mêmes liens ethniques. Si vous prenez tous ces paramètres-là, il faut être sérieux, et responsable ».

Sidiya Bayo assume la relation filiale entre les deux États : « Si la Gambie a eu un problème, on l’a connu en 1981 avec Koukoy Samba Sagna, c’est le Sénégal qui est intervenu pour rétablir Dawda Jawara, au pouvoir.. Après les politiques et les gens qui ne connaissent pas l’histoire, peuvent dire ce qu’ils veulent. Aujourd’hui, en Gambie, nous voulons nous inscrire dans l’histoire avec le Sénégal et non sans le Sénégal. »

Procès Jammeh

Notre interlocuteur a également livré son avis sur le rapport de la Commission vérité, réconciliation et réparation (TRRC), validant la poursuite contre Yaya Jammeh. Rappelant « qu’il y a des pays qui sont candidats pour pouvoir accueillir le procès (dont) le Sénégal et le Ghana », il a insisté sur « l’expérience » du Sénégal « avec Hissein Habré » pour indiquer que ce pays « a une responsabilité ». « Le premier cercle de sécurité aujourd’hui du président Adama Barrow, sous mandat de la CEDEAO, reste le Sénégal. Pourquoi ne pas continuer sur cette lancée-là, à nous aider dans l’établissement d’un appareil judiciaire de renom et qualitatif pour pouvoir juger Yaya Jammeh. Cela ne va pas être une mince affaire. Yaya Jammeh, je m’avance, mais c’est quasiment 4 000 victimes disparues, torturées ou exécutées.”

Dans cet entretien, Sidiya Bayo évoque aussi la nature de ses relations actuelles avec Macky Sall.

L’intégralité de l’entretien ci-dessous.

Die BA
Abdoulaye SYLLA (photo)
Moussa FALL (Camera)

1er janvier 2022


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