ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE : SIX ANS APRÈS, LE PROCÈS DE LA CATHARSIS

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France

Le 13 novembre 2015, les Français, et notamment les Franciliens, ont vécu un cauchemar équivalent à celui des Américains et New-Yorkais, le 11 septembre 2001. Une série d’attentats, menés par un commando bien entraîné, sèment cette nuit-là le carnage dans les rues de Paris et de sa périphérie. Le comble de l’horreur se déroule dans la mythique salle de spectacle du Bataclan où 90 personnes, pour la plupart des jeunes, ont succombé à la folie meurtrière des assaillants. Au total 130 personnes périssent lors de cette nuit de terreur. Un bilan macabre inédit dans l’Hexagone, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Revendiqué par le Groupe État Islamique, cet assaut perpétré en grande partie par des jeunes issus de l’immigration maghrébine secoue profondément les valeurs de la République française. Certains observateurs disent même qu’il y a un avant et un après 13 novembre. Les séquelles post-attentat ont placé l’immigration au choeur du débat public. Le Président socialiste, François Hollande, annonce son intention d’inscrire dans la Constitution le principe de déchéance de nationalité pour les bi-nationaux auteurs de d’actes terroristes. Si Hollande renonce à ce projet, après quatre mois de débats intenses, le débat public français porte encore les stigmates de ce climat délétère dans la mesure où l’extrême droite dicte le tempo de l’agenda politique. En témoigne le succès grandissant du journaliste conservateur, Eric Zemmour, à qui l’on prête l’intention de briguer l’Elysée

C’est oublier qu’au nombre de victimes figuraient une dizaine d’Africains jeunes pour la plupart, qui aimaient la vie, sortir, s’amuser, et qui sont morts à Paris lors de ces attentats. Ce qui illustre, non seulement, la violence aveugle du terrorisme et l’ineptie des discours populistes.

Procès grandeur nature

Six ans plus tard, la France vit au rythme d’un procès grandeur nature à l’ampleur inédite. Deux ans ont été nécessaires à sa préparation. Près de 1.800 personnes se sont constituées partie civile, plus de 300 avocats sont mobilisés. Les audiences vont durer neuf mois.

Parmi les 20 accusés, la principale attraction des audiences demeure Salah Absalam, dernier survivant du commando.

Lors de son témoignage, hier après sept journées de procès, il a exposé les motifs de la bande et assumé son rôle sans sourciller : “ Moi je vous dis : on a combattu la France, on a attaqué la France, on a visé la population, des civils, mais en réalité on n’a rien de personnel contre ces gens-là, on a visé la France et rien d’autre”.

Les autres accusés ont brièvement pris la parole. Certains ont exprimé leur "compassion" avec les victimes mais réfuté être des "terroristes", d’autres ont reconnu une partie des faits qui leur sont reprochés. Une partie d’entre eux a préféré refuser de s’exprimer à ce stade.

Finalement, les autorités françaises espèrent que ce procès permettra aux familles des victimes de faire leur deuil définitif avec des condamnations exemplaires pour briser le sentiment d’impunité.

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