BABACAR FALL : « MACKY EST DANS L’OBLIGATION D’ATTENDRE L’ISSUE DES CONCERTATIONS POUR FIXER LA DATE DES LOCALES »

news-details
REPORT DES LOCALES

C’est acté. Prévues initialement en juin puis en décembre 2019, les élections locales auront finalement lieu en 2020. Un projet de loi a été adopté en ce sens en Conseil des ministres tenu mercredi dernier, 16 octobre. La décision rendue publique hier jeudi, 17 octobre, proroge le mandat des élus (maires, conseillers départementaux et municipaux).

Seul bémol, aucune date n’a été retenue par le président Macky Sall, pour la tenue desdites échéances électorales. Babacar Fall, expert électoral, interrogé par L’As, souligne que « le chef de l’Etat va promulguer le texte après son adoption par l’Assemblée nationale. Il prendra en même temps un autre décret pour fixer la date des élections locales ». Mais, s’empresse-t-il d’ajouter : « Dans ce contexte de dialogue politique, Macky Sall sera dans l’obligation d’attendre l’issue des concertations politiques pour fixer la date du scrutin ». En principe, ce sont les acteurs dudit dialogue qui doivent indiquer au président de la République l’échéancier. Ce qui fait que la frange de l’opposition participant au dialogue politique ne s’indigne point du report des élections suite à un consensus trouvé allant dans ce sens. D’ailleurs, reprend le journal, Mamadou Diop Decroix, leader d’AJ/PADS trouve « normal » que le chef de l’Etat n’ait pas fixé de date.

Foncièrement contre, Pr Moussa Diaw, Professeur de Sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) dénonce le non-respect du calendrier électoral. « Il fallait s’attendre au report car les dates des élections locales ne sont jamais respectées. Cela peut créer un problème de légitimité des élus avec la prolongation de leur mandat. Ce n’est pas bon pour la démocratie. L’Etat doit s’organiser pour pouvoir respecter le calendrier électoral sinon il y aura des chevauchements. C’est une stratégie utilisée par le régime en place en jouant avec le temps pour que l’élection soit favorable à tel ou tel autre groupe. C’est un risque aussi. Le pouvoir joue avec la situation politique actuelle surtout avec l’apaisement qu’on constate », soupçonne le politologue.

Vous pouvez réagir à cet article