BARRAGE DE LA RENAISSANCE : L’ÉTHIOPIE INFLEXIBLE FACE À L’EGYPTE

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AFRIQUE

La tension ne retombe pas entre l’Égypte et l’Éthiopie autour du barrage de la Renaissance construit par Addis-Abeba sur le Nil Bleu. Le Caire a peur notamment que le barrage impacte ses ressources en eau. Les deux derniers rounds de négociation entre Égypte, Éthiopie et Soudan ont échoué et les Éthiopiens ne semblent pas vouloir céder.

L’Éthiopie reste inflexible. Ce jeudi, le ministre de l’Eau, Seleshi Bekele, a expliqué qu’un dialogue tripartite était la seule option, et que les dernières propositions du Caire violaient la souveraineté éthiopienne. L’Égypte souhaite un minimum d’eau garanti, un remplissage du réservoir plus lent pour éviter une pénurie notamment en cas de sécheresse, ainsi que la présence de ses experts sur le chantier.

Inacceptable selon Addis-Abeba, qui rejette également l’implication d’un médiateur. En effet, les Égyptiens aimeraient bien que les Américains jouent les intermédiaires.

Une rencontre entre chefs d’État envisageable à Sotchi

L’Éthiopie n’a en tout cas pas ralenti le rythme. Le barrage est construit à presque 70%. Deux turbines pourraient commencer à produire de l’électricité dès l’an prochain. Des progrès qui font enrager Le Caire. La semaine dernière, l’Égypte a jugé inacceptable la poursuite du chantier, avec de possibles conséquences sur la stabilité régionale.

Pour le chercheur Joseph Siegle, « un conflit armé reste possible, mais peu probable. Le président al-Sissi a déjà dit qu’il n’y avait pas de solution militaire », déclare le spécialiste. Malgré la rhétorique agressive, le dialogue n’est pas rompu et l’Égypte tente d’assouplir la position de son voisin. Abdel Fattah al-Sissi s’est dit prêt à rencontrer le Premier ministre éthiopien la semaine prochaine à Sotchi lors du sommet Russie-Afrique. Le président égyptien a également félicité Abiy Ahmed pour son prix Nobel de la paix.

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