CARTE SANITAIRE : DES GAPS DE SPÉCIALISTES, DES CORRECTIFS MIS EN BRANLE À L’HORIZON 2023

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SANTÉ-SÉNÉGAL

Le Sénégal présente un gap important de neurologues. Sur la norme édictée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 102, le pays n’en dispose que de 20, soit un manque de 82, selon les estimations du journal Enquête, se fondant sur les chiffres du ministère de la Santé.

Autre gap selon les normes de la carte sanitaire, le pays est à 647 médecins-spécialistes alors qu’il en faut 750, soit 103 de moins. Le Sénégal compte 37 urologues sur les 51 demandés. L’écart chez les radiologues est de 7 : 44 sur 51. Et 19 orthopédistes de moins avec 42 sur 61. Le manque chez les ophtalmologues est moins criard : 31 sur 39, soit un gap de 8 spécialistes. On compte 20 néphrologues sur 39. Le Sénégal a besoin de 33 autres généralistes sur les 37 existants. Le manque de biologistes est estimé à 11 sur 72 spécialistes sur la norme de 83.

Interrogé par le journal, le chef de service de parasitologie et mycologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, Pr Daouda Ndiaye esquive : « Le seul souci que nous rencontrons, c’est parfois l’utilisation de ces spécialistes qui fait défaut. Nous savons qu’il y a des médecins au chômage ».

Le constat est fait par la source que les victimes de l’accident, survenu dernièrement dans le département de Bignona faisant 6 morts et 66 blessés, ont pâti de ces manquements. Le centre de santé où étaient acheminés certains blessés ne dispose même pas de service de radiologie, encore moins d’IRM. En plus de cela, le bloc opératoire n’a jamais fonctionné depuis son ouverture faute de chirurgien que l’Etat n’a toujours pas affecté.

Mise en place du Programme de développement de la carte sanitaire (PDCS) 2019-2023

Dans tous les cas, pour atteindre les indications de l’OMS en matière de couverture, le Sénégal entend mettre en place le Programme de développement de la carte sanitaire (PDCS) 2019-2023, dont le budget global est estimé à 220 milliards 565 millions de francs CFA. Ledit projet d’investissement vise « à densifier l’offre de soins de santé et d’action sociale », et « préparer l’affectation dans les structures sanitaires des médecins actuellement en spécialisation ayant bénéficié de la bourse de 300 000 FCFA, satisfaire les besoins actuels en équipements de diagnostic et de lits, et en ressources humaines, en prenant en compte les structures de santé, de l’action sociale et des services de l’hygiène ainsi que leurs équipements et ressources humaines. La construction de 300 postes de santé, 46 centres de santé, en constitue une des priorités », selon le document parcouru par Emedia.sn.
Ainsi, les besoins prioritaires en personnels de soins et d’actions sociales sont estimés à 10 mille.

Sur 1500 spécialistes inscrits, seuls 500 sont Sénégalais

Pour l’heure, chaque année, 1 500 diplômés en études spécialisées (DES) sont inscrits à l’Université. Seul bémol, seuls les 500 sont Sénégalais. « Quand on sait que la formation d’étudiants en médecine coûte excessivement cher, le Sénégal se permet le luxe de former des étrangers à la place de ses propres enfants », se désole un médecin, indiquant que les frais d’inscription ont augmenté à 500 mille F CFA par an.

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