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CES MAUX QUI GANGRÈNENT L’ÉCOLE SÉNÉGALAISE

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La rentrée des classes est prévue ce lundi 3 octobre pour les enseignants et le jeudi 6 pour les élèves. Mais il s’avère que les enseignements ne pourront pas démarrer à date échue dans plusieurs zones à cause notamment des eaux de pluies. Même si le gouvernement a pris des mesures dans ce sens. D’après le rapport introductif du Comité régional de développement (Crd), la région de Dakar compte 187 écoles inondées, 37 ne disposant pas d’eau courante dont 29 (78%) dans l’académie de Rufisque. Dans la banlieue, précisément, des écoles sont encore sous les eaux. Mais au-delà de ces facteurs de blocage, Bés bi s’intéresse, de façon générale, aux problèmes du système scolaire qui peinent à trouver des solutions durables.

Au-delà la question de l’évacuation des eaux de pluie qui pourrait retarder la reprise des cours dans certaines zones, l’Ecole publique fait face à plusieurs défis. Entre autres, il y a l’insuffisance des structures publiques qui dicte la floraison de écoles privées, notamment dans le milieu urbain. Ce privé qui demeure cher pour les parents, mais qui y trouvent le « salut » pour leurs enfants. Non pas forcément pour ses résultats, mais surtout pour échapper aux nombreuses grèves et les effectifs pléthoriques par endroits. Le quantum horaire grevé à cause des perturbations qui empêchent la réalisation, dans les délais, des contenus planifiés. Il y a également la difficulté de systématiser les évaluations standardisées dans le privé. Dans le programme formation professionnelle et technique, le public est faiblement représenté. Cette situation s’explique en grande partie par le faible pourcentage des sortants du cycle fondamental inscrits dans l’enseignement technique à cause du nombre réduit de structures publiques.

Mettre le Paquet sur le dialogue pour éviter des perturbations

Avec le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence dans le secteur de l’éducation et de la formation (Paquet-Ef) - qui est le cadre d’opérationnalisation de la Lettre de politique générale et dont la première phase se termine en 2022, la systématisation d’un cadre de dialogue multi-acteurs devient plus qu’un impératif, notamment à la veille de la rentrée scolaire 2022/2023 qui se déroule dans un contexte hivernal marqué par les inondations, l’installations de nouvelles équipes dans beaucoup de collectivités territoriales mais aussi par de profondes mutations en cours dans le système éducatif. A défaut de cela, des perturbations risquent de survenir. Il faut rappeler que le système éducatif est confronté à plusieurs crises profondes. En effet, chaque année, les syndicats paralysent pratiquement le système avec des revendications liées à leurs conditions de travail. Pour sa part, l’Etat peinait ou tardait à respecter ses engagements. Mais la revalorisation de la grille indemnitaire semble être un atout pour stabiliser l’école cette année. Sauf d’autres surprises.

Suzanne SY
Pape Doudou DIALLO (Photo)

3 octobre 2022


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