COVID-19 DANS LES PRISONS : « LE DROIT À LA SANTÉ ET À LA VIE PRIMENT... »

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ME ASSANE DIOMA NDIAYE

Des cas de coronavirus ont été enregistrés dans les maisons d’arrêt et de correction de Diourbel et de Thiès. Si jusque-là l’administration pénitentiaire ne s’est pas encore prononcée sur la situation, les défenseurs des droits humains commencent à s’inquiéter de la situation.

Interpellé sur la question, Me Assane Dioma Ndiaye, avocat et défenseur des droits humains pense que la première chose à faire c’est de donner la bonne information dans cette affaire et, si les cas sont avérés, que les gens sachent comment ils ont été décelés. « Tout l’enjeu dès le début de la maladie était de faire en sorte qu’elle n’atteigne pas les lieux de détention. Et nous savons les conditions de promiscuité, d’exiguïté, de surpeuplement de nos prisons », a prévenu Me Assane Dioma. Poursuivant, il rappelle que l’Etat du Sénégal et l’administration pénitentiaire avaient pris des mesures de confinement total.

Mais, indique-t-il : « si d’aventure la maladie était présente au niveau de certaines maisons d’arrêt je pense qu’on n’aurait pas d’autres choix que de faire en sorte que le maximum de détenus puisse être élargi sous des conditions qui resteraient à définir ». L’avocat dit attendre de voir la communication que l’administration pénitentiaire et l’Etat vont faire par rapport à cette question. « Au niveau des centres de détention, il faudra des mesures très urgentes en rapport avec le personnel médical pour voir quelles sont les solutions qu’il faut envisager de manière à faire en sorte qu’il n’y ait pas une propagation de cette maladie qui sera difficile à gérer compte tenu du fait que le personnel soignant dans les maisons d’arrêt n’a pas les moyens adéquats de prendre en charge cette maladie », soutient-il.

A la question de savoir si on ne devrait pas arrêter les placements sous mandat de dépôt dans ces centres de détention le temps d’y voir plus clair, l’avocat de rétorquer : « Si la maladie est présente en prison, il est exclu qu’on y envoie des personnes. Le droit à la santé et le droit à la vie priment sur toute autre considération. Donc, il n’est pas exclu si les conditions l’exigeaient, qu’on ne délivrer plus de mandat de dépôt en attendant qu’on puisse juguler cette question ».

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