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DU PAIN SEC ET DES JEUX

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La campagne des municipales sur 15 jours et la Coupe d’Afrique des nations se télescopent. L’une et l’autre se tiennent enfin après moult reports. Elles n’ont rien à voir. Il n’y a pas de gémellité. Les élections doivent garantir la respiration démocratique. Le football total, mis au point par l’Ajax d’Amsterdam dans les années 70, a une dimension politique. Sous d’autres cieux, c’est une religion. En 61, Senghor disait ceci : « Dans la considération dont les peuples jouissent à l’étranger, les performances sportives entrent pour une proportion non négligeable. » Les futurologues préviennent que les dieux du foot vont aspirer tout l’engouement les jours qui viennent. Au fond, les Sénégalais se passionnent moins pour la chose politique. La petite politique. Inefficace. Obsolète et brutale. Beaucoup craignent la violence. Mars 2021 était mortifère. Le Sénégal était une terre de feu puis une « tapisserie de morts » selon un mot tiré dans « La plus secrète mémoire des hommes » de Mbougar Sarr. Il y a beaucoup de souffrances. Tellement d’indigences. On vit plus d’expédients. 3000 listes sont en présence. La quantité sur l’autel de la qualité. Ça tue la lisibilité. Qu’est-ce qui les fait courir ? Les futurs premiers magistrats nous vendront des éléphants blancs. Il faut s’attendre au final à beaucoup de pain sec. Le désarroi et le malaise politiques sont si profonds. Les appels assourdissants à la non-violence nous disent au moins deux choses : le pays est en stagnation démocratique mais émerge en matière d’anarchie. Gardons-nous cependant de systématiser. Mais les remèdes sont souvent pires que le mal. On ne peut se passer de vote mais on peut faire l’économie d’une campagne électorale. Les Allemands ont compris que c’est une perte de temps. Ils y ont renoncé. Quand tout le monde parle, personne n’est audible.

Une autre campagne débute dimanche. Tournée en dérision. Qualifiée de « petit tournoi » ou de « monstre invisible ». La Can est une variable d’ajustement. Pour galvaniser nos chers lions, il faut des mots justes. Alassane Ndiaye Alou n’est plus sur la main courante. Avec Laye Diaw, c’était le dernier des Mohicans. Le président de la République évoque un moment de vérité. Une nouvelle déception serait terrible, je crois. Tirons donc en même temps que Sadio et ses coéquipiers. On trouvera le but et non le décor. Pas de vagues. Laissons ça à omicron. L’union des cœurs et des esprits est peut-être un critère de performance. Comme il est nécessaire de rappeler ici les 4 composantes du football : l’entraînement, la technique, la tactique et le mental. Feu Mawade Wade ajouta que c’est « l’intelligence en mouvement ». Le ton fait la musique.

Chaque détail compte. Les autres veulent le même trophée. 24 pays vont à la conquête. Ne sois pas déçu si tu perds, ne soit pas fier si tu gagnes. Le fair-play aussi, ça compte. En politique autant qu’en sport. Tout est possible. L’affaire n’est pas une science exacte. Il y a la chance qui n’est jamais du hasard. Mais le nom du lion est toujours le gardien de son jardin.

Assane GUEYE

7 janvier 2022


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