De l’urgence de faire revenir le sport à l’école

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DEFI DE LA PARTICIPATION

Chantre de l’Olympisme, Pierre de Coubertin aurait pu être Sénégalais tant au pays d’Amadou Dia Bâ l’on épouse parfaitement l’idée de sa phrase devenue culte, « l’essentiel, c’est de participer », inspirée du sermon de l’évêque de Pennsylvanie, Ethelbert Talbot, prononcé le 19 juillet 1908, au cours des Jeux de la IVème Olympiade à Londres. Participer sans jamais envisager de gagner aura toujours été le leitmotiv du sport sénégalais à l’épreuve des évènements internationaux. Alors que l’unique médaille olympique du pays date de 30 ans, l’on ne s’émeut point que les délégations vont et viennent aux différentes éditions des Jeux Olympiques pour n’y disputer qu’un seul tour. Mais quand on organise une compétition, dans l’imaginaire populaire, c’est pour y briller. Aujourd’hui, y-a-t-il des signaux de nature à espérer que la donne puisse changer en 2022 ? C’est le chantier majeur qui attend les différentes fédérations et le ministère des Sports, obligés de définir enfin une réelle politique sportive, basée sur la performance et la projection vers le moyen/long terme et qui trancherait net d’avec la politique de campagnes qui fait loi. Les JOJ étant réservés aux jeunes athlètes âgés entre 14 et 18 ans et servant de laboratoire pour les JO grandeur nature prévue deux ans plus tard (Paris 2024), c’est dès maintenant qu’il faut identifier les pépinières de 10 à 14 ans sur toute l’étendue du territoire nationale et les préparer à mesurer les exigences de 2022. En ce sens, faire revenir le sport à l’école devient une urgence pour une meilleure détection et un suivi plus efficace. Car organiser et rejoindre le rang des spectateurs dès les premiers jours de compétition s’apparenterait à une véritable catastrophe. 2022, c’est déjà demain !

Le tremplin vers une restructuration du sport sénégalais

Il y a l’avant-compétition, il y a la compétition elle-même, mais il y a également l’après-compétition. Même avec une organisation parfaite, si le pays organisateur n’arrive pas à bénéficier, sur le long terme, des fruits de l’événement, ce serait un énorme gâchis. L’Afrique du Sud a eu de grandes difficultés à rentabiliser les investissements réalisés pour la Coupe du monde de football en 2010, confronté à un abandon de la plupart des infrastructures spécialement réalisées pour l’événement. L’organisation des JOJ devrait donc servir à réconcilier le Sénégalais lambda avec la pratique quotidienne et encadrée du sport, à réformer la gestion administrative et financière du mouvement associatif avec des fédérations ancrées dans des pratiques d’un autre âge et toujours adossées aux perfusions sporadiques de l’Etat et enfin à doter le Sénégal d’un large plateau d’infrastructures sportives pouvant à la fois servir à la formation de futures générations et à l’organisation d’autres évènements sportifs de moindre envergure. Là, survient le sempiternel défi de la maintenance…

Dossier spécial JOJ : Les grands défis de Dakar 2002

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