ÉLOGE FUNÈBRE - AUX NUBILES SACRIFIÉS

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CONTRIBUTION

( Aux nouveaux conquérants, aux samouraïs des temps nouveaux, victimes expiatoires du "dogg buumu gacce" ).

TOUS COUPABLES.

Nous sommes tous victimes de l’admiration que nous portons sur la vie extérieure de l’autre, sa réussite.

Nous ne voulons pas être nous mêmes, mais vivre dans les vanités des apparences.

Nous sommes tous victimes parce que nous voulons vivre tel que nous voulons l’autre nous voit.

Nous n’avons pas voulu rester ce que nous sommes , mais être ce que l’autre est.

Nous sommes tous coupables d’avoir procré et laissé la progéniture à la plage, sans instruction, sans éducation , sans eau, sans pain, face la mer.

Nous sommes tous coupables d’avoir rempli la maison de pauvres innocents disant que Dieu veillera sur leurs misères.

Nous sommes tous coupables d’avoir renié notre sang, endeuillé les lendemains de son âme.

Nous sommes coupables de vouloir faire d’eux des bras, les faire travailler pour nous.

Nous sommes tous coupables d’avoir
conditionné, diabolisé, anéanti, blessé, frustré, flétri l’égo de l’enfant.

Nous sommes coupables de vanter les mérites de l’un, écorcher l’amour propre de l’autre.

Nous sommes coupables d’avoir exalté le "facc gacce", le "tekki" pour anéantir le casanier.

Coupables de laisser les autres prendre possession de nos terres, de nos eaux, de nos sous-sols, de nos cieux.

Coupables de laisser aux autres nos âmes, nos êtres, nos croyances, nos vies, nos "au-delà".

Coupable de voir
contre notre gré, le
Quartier, la Cité, le Gaal
dirigés par des quidams.

Coupable de n’avoir pas été responsables, de n’avoir pas été citoyen, maître de son destin.

Coupable de n’avoir jamais choisi un représentant, de n’avoir jamais destitué un malveillant.

Coupables de n’avoir jamais donné une valeur à notre voix, de n’avoir jamais associé nos voix aux autres.

Coupables du partage au sommet des biens de ce pays, des rapines.

Coupables de nous êtres résignés, soumis,
Coupables par notre silence, notre amorphie

Coupables par notre indifférence, notre insouciance, notre
Indolence, notre fatalisme.

Coupables de la furie des Dieux de la Mer.
Coupables de l’offense faite à Mame Coumba Bang, Coumba Lambaye, Ndiary, et à Poseidon ?

Il reste la peine à pleurer nos morts, à faire leur deuil.
Aussi à contempler la joie d’une mer qui renvoie ses trésors, si nous souffrons d’être le martyr de nos espérances, d’être Nous.

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