ENQUÊTE SUR LA MORT DE FALLOU SÈNE : LES ÉTUDIANTS DONNENT UN ULTIMATUM DE 3 MOIS

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ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR

Les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à l’instar de leurs camarades des autres universités du Sénégal, ont commémoré le premier anniversaire du décès de l’étudiant, Fallou Sène, tué le 15 mai 2018 lors des affrontements entre forces de l’ordre et étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint Louis. Ils donnent un ultimatum de trois mois aux autorités politiques et judiciaires pour que justice soit faite, un an après la mort de leur camarade à l’UGB de Saint-Louis.

Réunis devant la direction du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), les étudiants de l’UCAD sonnent l’alerte sur le dossier stagnant de leur camarade Mouhamadou Fallou Sene tué par balles le 15 mai 2018, au campus social de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Les pensionnaires de l’ucad exigent que justice soit rendue.

Certains vêtus de t-shirts sur lesquels est dessinée une balance symbolisant la justice, accompagnée d’un petit texte « justice pour Fallou Sène », d’autres, le téléphone collé à l’oreille, ces étudiants se sont réunis tôt ce mercredi 15 mai 2019 pour commémorer la disparition de leur camarade.

C’est d’ailleurs ce que fustige, le Collectif des Amicales de l’UCAD qui pense que « l’Etat du Sénégal est très laxiste sur ce dossier ». Serigne Ahmadou Sène, président de l’amicale des étudiants de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques qui a porté la voix du collectif estime que « les autorités judiciaires négligent le dossier ».

A les en croire, les étudiants ont, depuis longtemps alerté les autorités mais aucune initiative allant dans le sens de faire jaillir la vérité dans ce dossier n’a été prise. « Nous avons alerté depuis le 15 mai 2018 mais personne n’a réagi. Le dossier est toujours au point mort. Maintenant, nous sommes las de patienter. Nous demandons aux autorités de traiter ce dossier afin que le meurtrier de Fallou Sène puisse payer son acte », a déclaré le porte-parole du collectif des amicales de l’UCAD, Serigne Ahmed Sène que si dans un délai de trois mois, le dossier ne connait des avancements, ils se feront entendre.

« Des dossiers judiciaires qui n’ont aucune importante ont surgi dans ce pays et les gens se sont attelés à rendre justice. On a ôté la vie d’un étudiant, de l’espoir de toute une nation, les gens font la sourde oreille. On ne fait rien pour que l’auteur de ce drame soit identifié, jugé et sanctionné », regrette-t-il. « Que les autorités ne soient pas surprises de nous voir dans la rue si aucune initiative n’est prise allant dans le sens de lui rendre justice », prévient le porte-parole des étudiants.

Série de manifestations sur toute l’étendue du territoire

Joint au téléphone, Me Amadou Diallo, avocat du collectif des étudiants de Saint-Louis et, par ailleurs, président d’Amnesty International, dit soutenir leur combat même s’il ne souhaite pas que cela se fasse avec des moyens qui incitent à la violence. Poursuivant, Me Diallo annonce qu’Amnesty va se mobiliser sur toute l’étendue du territoire pour manifester son désaccord par rapport à la gestion du dossier par la justice sénégalaise. « Ce que nous déplorons, c’est qu’une enquête a été ouverte et des personnes ont été identifiées. Nous ne disons pas que ces dernières sont les coupables parce qu’elles bénéficient de la présomption d’innocence mais, nous souhaitons que justice soit faite », a déclaré Me Diallo. Qui, dans le même sillage, demande que la procédure aille jusqu’à son terre pour qu’on puisse connaitre les responsables. « Si ces personnes sont responsables, qu’on les condamne et que les victimes reçoivent la réparation du préjudice subi », dit-il.

D’après le président d’Amnesty International c’est le statu-quo total. Absolument rien n’a bougé. Et, révèle-t-il : « Il semble que même la demande d’obtention de l’ordre des poursuites n’a pas été faite ». Ainsi, l’avocat de la défense estime que les autorités politiques n’ont fait aucun effort pour que cette procédure avance. « Je ne sais pas pourquoi l’Etat du Sénégal traîne les pieds quand c’est un agent de la force publique qui est impliquée dans une affaire de ce genre. On a l’impression qu’il y a une justice à deux vitesses. Ce qui est inacceptable dans un Etat de droit. Nous allons donc sensibiliser, mobiliser l’opinion sur la question », soutient-il.

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