ENTRE ALPHA ET CELLOU, UNE LONGUE HISTOIRE DE "JE T’AIME, MOI NON PLUS"

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PRÉSIDENTIELLE EN GUINÉE

La présidentielle Guinéenne de, ce dimanche, 18 octobre a un air de déjà vu.
Les deux politiques aux parcours atypiques mais aux destins antinomiques se sont frottés lors des deux précédentes présidentielles.

L’ancien président de la FEANF mène 2 à 0. Y aura t-il du jamais 2 sans 3 cette fois-ci ? Ce qui est sur est que l’ancien Premier ministre de 2004 à 2006 ne va accepter que sa victoire soit confisquée pour une troisième fois, pour reprendre ses propres termes.

Entre les rumeurs de pression qui auraient plané sur lui et une possible volonté d’éviter la politique de la chaise vide, Cellou Dalein Diallo a dû mener double campagne.

La première pour l’unité de l’opposition et la reconquête du front anti-3ème mandat et la seconde pour tenter de rallier à sa cause les déçus de la gestion d’Alpha Condé.

S’il semble avoir connu un léger succès sur la seconde, il a lamentablement péché sur la première. Car, sa décision de se présenter à la présidentielle a soufflé le froid et marqué une rupture glaciale entre l’UFDG et le bloc d’opposition influent incarné par le Front national pour la défense de la Constitution qui a appelé au boycott du scrutin.

Le FNDC n’a présenté aucun candidat, et n’en soutien aucun à ce jour.
Cellou Dalein Diallo, 68 ans, a aussi occupé plusieurs postes de ministre.

Son rival, Alpha Condé, a goûté le sel avant d’apprécier le miel. En effet, son parcours politique et ses engagements lui ont valu d’aller plusieurs fois en prison.

Il a été détenu pendant plus de vingt mois après la présidentielle de 1998.
Celui que bon nombre de ses compatriotes appellent affectueusement "Professeur" pour son passé d’universitaire et d’enseignant, a même fait l’objet de condamnation à mort par Sékou Touré qui l’a exilé à moult reprises.

Après un passage à la Sorbonne, Alpha Condé obtient une licence en sociologie puis un diplôme d’études supérieures, avant de devenir docteur d’État en droit public à la faculté de droit de l’université Paris-I.

Adulé et chanté à travers l’Afrique pour son courage face à la dictature de Lansana Conté, Alpha Condé qui a capitalisé 45 ans dans l’opposition, semble écrire une nouvelle page de son histoire sur fond de contestation suite à la réforme constitutionnelle du 22 mars dernier.

Laquelle lui a permis de se lancer dans la course pour briguer un 3ème mandat.
Une troisième candidature trempée de sang de manifestants qui s’y sont farouchement opposés.

Les organisations de défense des droits humains recensent plus d’une cinquantaine de morts en moins d’un an, l’opposition, elle, parle de plus de quatre-vingt morts.

Alpha Condé est né en 1938 à Boké en Basse Guinée. Il arrive au pouvoir en décembre 2010 à travers les urnes.

À 82 ans, le leader du RPG arc-en-ciel est accusé de jouer sur la carte ethniciste pour avoir dit à ses militants que s’ils votaient pour un candidat malinké qui n’est pas de son parti, ils auront voté pour Cellou Dalein Diallo, qui est de la communauté peulh.

Autre décision controversée : il a également décidé de fermer les frontières terrestres de la Guinée au Sénégal et à la Guinée Bissau, deux pays qui concentrent une masse critique de ressortissants de cette communauté les privant ainsi leur droit de vote.

La Guinée compte au total 12 candidats dont les favoris sont Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo. Qui des deux va remporter le scrutin ? Résultat dans quelques heures.

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