GAMBIE - OUSSAINOU DARBOE FACE À LA COMMISSION VÉRITÉ, RÉCONCILIATION ET RÉPARATIONS

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JUSTICE INTERNATIONALE

Après un mois d’interruption, la Commission vérité, réconciliation et réparations a entamé ce lundi sa 5e session. A la barre, l’avocat et opposant historique de Jammeh Oussainou Darboe.

C’est l’histoire d’un personnage qui a formé un parti politique au lendemain de la prise du pouvoir par la junte en 1994. Vêtu d’un boubou crème, assorti de bonnet beige l’avocat et opposant historique, Oussainou Darboe, a narré pendant 7 tours d’horloge sa lutte pour l’avènement de la démocratie en Gambie. Devant les enquêteurs de cette Commission, il a d’abord rappelé l’origine de son combat. Selon lui, après la mise à l’écart de tous les partis politiques, il était nécessaire de former une mouvance pour assurer un contre-pouvoir. Arrestation, intimidation, harcèlement politique, tortures, Darboe et ses partisans ont souffert le martyre sous le régime Jammeh.

Dans son témoignage, l’opposant a expliqué les raisons de la création du Parti démocratique unifié (UDP) en 1996 et sa lutte pour l’avènement de la démocratie en Gambie. Arrêté et détenu à maintes reprises, il a qualifié le régime Jammeh "de pire sur terre". Ayant souffert le martyre sous l’ex-régime, il a narré les mésaventures que lui, et ses partisans, ont subi. Darboe a formellement accusé le régime Jammeh d’avoir assassiné, son ministre de l’Economie et des Finance, Ousmane Koro Cissé dans des circonstances troubles en 1996. Son audience n’est pas encore terminée. Il reviendra prochainement pour expliquer aux enquêteurs les circonstances qui ont mené à l’arrestation suivie du meurtre en détention de Solo Sandeng, le leader de la jeunesse de son parti en 2016.

A l’en croire, malgré une campagne cahoteuse, il a remporté la présidentielle de 1996. "Avez-vous des preuves lui demande alors le principal enquêteur ? Oui avec assurance répond-il. Toutes les preuves étaient réunies, mais il n’y avait de justice crédible pour déposer un recours", argue-t-il. Après avoir accusé la junte d’avoir détourné 3 millions de dollars, de l’argent octroyé à la Gambie sous forme de prêt, il affirme que le meurtre de Koro Ceesay, alors ministre de l’Economie et des Finances dans des circonstances troubles, est lié à cette affaire.

Evoquant son rôle en tant que leader de l’opposition, il affirme que plusieurs de ses militants ont trainé des séquelles auxquelles ils succomberont par la suite. Malgré tout, cet opposant qui a participé à quatre reprises à une élection présidentielle n’a jamais capitulé jusqu’à la chute de l’ancien président, qu’il observera depuis sa cellule de prison. Son audience n’est pas encore terminée. Il reviendra prochainement pour expliquer aux enquêteurs les circonstances qui ont mené à l’arrestation suivie du meurtre en détention du leader de la jeunesse de son parti, Solo Sandeng en 2016.

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