GARE ROUTIÈRE DE TIVAOUANE, UN BIJOU SANS ÉCLAT

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REPORTAGE

« Ce bâtiment a été inauguré le 18 octobre 1897 par André Lebon ministère des colonies lors de son voyage au Sénégal » ! Ce message, incrusté, à l’entrée du bureau du chef de gare est historique. Il renseigne de l’âge de ce vieux bâtiment colonial imposant, peint en beige marron. La gare routière de Tivaouane ne brille plus. Elle a perdu son lustre d’antan. L’imposant bâtiment croule sous le poids de l’âge. Les peintures sont défraichies. Les fenêtres rouillées, les banquettes endommagées. Malgré la beauté de l’architecture coloniale, le bâtiment, qui jadis était un bijou, ne scintille plus.

« La gare de Tivaouane n’est plus ce qu’elle était. Elle était le fleuron de l’économie de la ville de Tivaouane. Hélas, cela n’est que souvenir maintenir », a expliqué un agent de la gare qui s’est prononcé sous le couvert de l’anonymat.

En temps normal, la gare routière de Tivaouane est gérée par la société minière Grande Cote Opérations (GCO) qui assure l’exploitation du zircon. Mais, pour la période du Gamou, c’est l’équipe de Dakar-Bamako Ferroviaire qui assure le trafic.

Sous le soleil, un homme, d’une quarantaine d’années fait des va-et-vient entre les wagons. Dégoulinant de sueur, il a l’air fatigué. Lui, c’est Amadou Sow. Il est inspecteur sécurité à Dakar-Bamako, société qui assure, durant toute la période du Gamou, le trafic des pèlerins. Selon M. Sow, pour cette année, trois trains sont prévus à la veille du Gamou pour assurer le voyage des fidèles qui quittent Dakar pour rallier la cité religieuse de Tivaouane. Et ce nombre va augmenter le jour du Mawlid. « Nous veillons à la sécurité et à la bonne marche des trains », rassure-t-il, non sans indiquer qu’aucun couac n’est noté jusque-là.
Le périmètre de la gare routière est occupé par des commerçants qui proposent divers articles aux fidèles venus célébrer la naissance du prophète dans la cité religieuse de Tivaouane.

Awa Camara est vendeuse de calebasses. Originaire de la région de Matam, cela fait plus de 20 ans, qu’elle vient écouler ses produits dans la cité religieuse.

Etablie à quelques encablures de la gare, la mère de famille, dans un wolof débrouillard, explique que l’activité commerciale autour de la gare ne fonctionne plus comme auparavant. « Les temps ont changé. Avant, on se frottait bien les mains. Les voyageurs qui prenaient le train achetaient nos produits. Et on écoulait tout. Mais, tel n’est plus le cas. Les activités marchent timidement », confie-t-elle.

Malick Ndiaye, venu de « Khorndoldé » abonde dans le même sens. Selon lui, l’activité économique qui tournait autour de la gare a baissé d’un cran. Elle n’est plus la même chose, il y a 15 ans en arrière. « La garde de Tivaouane est à l’image de toutes les autres gares du Sénégal à cause de l’état moribond du trafic ferroviaire du Sénégal. Tous les villages qui se trouvaient sur l’axe Dakar-Bamako ont disparu à cause de l’inactivité des trains au Sénégal », regrette Malick Ndiaye. À ses côtés, Mame Awa Gueye, vendeuse de fruits sauvages embouche lance le même cri de coeur. Elle demande aux autorités de redonner un nouveau souffle vie au chemin de fer au grand profit des commerçants sénégalais.

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