IMAGES - LE SÉNÉGAL ÉTRENNE SON MUSÉE 52 ANS APRÈS LE PREMIER FESMAN

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CULTURE

L’idée est lancée en avril 1966 lors du Festival mondial des arts nègres, à Dakar par feu le président Léopold Sédar Senghor et initiée par l’ancien président Abdoulaye Wade, à travers la pose de la première pierre effectuée le 18 juillet 2003, toujours à Dakar. Le Musée des civilisations noires est inauguré sous Macky Sall, 52 ans plus tard. C’était ce jeudi 6 décembre 2018, avec, Azali Assoumani, son homologue de la République de l’union des Comores, invité d’honneur de la cérémonie d’inauguration.

« Un moment historique », s’est réjoui Macky Sall pour qui ce moment « fait partie des repères qui, nous reliant à notre passé, résistent à l’usure du temps, se bonifient avec l’âge et nous projettent vers le futur, en gardant nos pieds fermes dans le socle de notre histoire. Enracinement et ouverture, dirait le président Senghor. »

Le Chef de l’Etat dira également que l’acte que posé aujourd’hui, n’est pas une singularité isolée dans son temps et dans son contexte, il s’inscrit dans la continuité de l’histoire. « Le musée des civilisations noires rejoint en effet une dynamique au long cours, de confidences et symphonies entre Africains et Afro descendants, déclare-t-il. Ce jour mémorable fait rejaillir en nous le souvenir des guerriers symboles du refus de la domination et de l’acculturation, précurseurs du panafricanisme et pionniers de la revendication de l’identité culturelle négro-africaine à travers le mouvement de la résistance à la colonisation pour le respect de la liberté de nos peuples et la reconnaissance de leur dignité civilisationnelles dont Frantz Fanon, Kwame Nkrumah, Cheikh Anta Diop et son œuvre gigantesque sur l’histoire de la civilisation noire, aux sœurs Paulette et Jeanne Nardal, à Léopold Sédar Senghor ».

Une réponse éclatante sur le débat sur la restitution du patrimoine africain


Un Musée dont l’intérêt est d’offrir, exulte Pr Felwine Sarr, « une infrastructure dans laquelle on peut déployer un récit sur notre histoire, notre projection dans le futur et notre place dans le monde. » Surtout, insiste-t-il, « à l’heure où les questions de l’estime de soi et de la reconstruction se posent pour la jeunesse africaine, il est extrêmement important d’avoir un lieu où cette jeunesse peut se ressourcer, savoir qui elle est et se projeter sur le futur. »

Le deuxième intérêt étant, ajoute-t-il, « dans un débat sur la restitution des œuvres africaines, l’un des arguments qu’on nous oppose, c’est de n’avoir pas assez d’infrastructures muséales pour accueillir les œuvres dans de bonnes conditions, un Musée comme celui-ci avec 14 mille m2 de surface qui peut accueillir 18 mille œuvres non seulement du Sénégal mais pourrait accueillir des œuvres du Bénin, du Niger, de la Côte d’Ivoire, on peut avoir une vision sous-régionale du Musée où certains Etats qui ne seraient pas suffisamment dotés en infrastructures, peuvent utiliser ce musée-ci. C’est une réponse éclatante et importante pour le débat actuel sur la restitution du patrimoine africain. »

Après avoir coupé le ruban, le président Macky Sall, son hôte comorien, le ministre de la Culture chinois et les représentants des autres pays invités, ont rejoint la salle du Grand-Théâtre (réalisée par la Chine), pour la cérémonie officielle d’inauguration pour un spectacle riche en sons, lumières et spectacles.

Après l’hymne national du Sénégal, la cérémonie a démarré par une minute de silence en hommage à Sidy Lamine Niasse. Après les prestations de l’ensemble lyrique de Daniel Sorano et l’orchestre national du Sénégal, l’ensemble des chorales de Dakar ont accompagné, tour à tour, Ismaïla Lô, Baba Maal, Fallou Dieng (qui remplace Youssou Ndour), Didier Awadi et Zao le Congolais. Avant eux, Germaine Acogny a fait sa danse de la prière. Le public a savouré.

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