[INFOGRAPHIE] : LA GUINÉE RETIENT SON SOUFFLE

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PRÉSIDENTIELLE EN GUINÉE

Jour de vote en Guinée. Après neuf élections présidentielles en 1961, 1968, 1974, 1982, 1993, 1998, 2003, 2010 et 2015, le pays connaîtra sa 10e élection ce 18 octobre 2020.

Plus de 5 millions de guinéens sont appelés à élire, ce dimanche, un président qui, avec la nouvelle constitution, sera élu pour six ans et non plus cinq, et pour un mandat renouvelable une seule fois désormais.

UN DERNIER DUEL CONDÉ VS DIALLO ?

Au total, douze candidats, sur les 13 déclarés à la cour constitutionnelle guinéenne, sont en lice pour ce scrutin. Il s’agit du président sortant, Alpha Condé, en quête d’un 3e mandat, son principal opposant depuis 2010, Cellou Dalein Diallo. Dans le lot, on retrouve un ancien proche du président guinéen, Ousmane Kaba. Plusieurs fois ministre, Abdoul Kabélé Camara est aussi dans la course, tout comme Abdoulaye Abé Sylla, malheureux à la dernière élection présidentielle. Deux anciennes ministres s’ajoutent également à la liste : Makalé Sylla et Makalé Traoré. Cinq novices figurent dans la liste : Moro Mandjouf Sidibé de l’AFC, Bouya Konaté de l’UDIR, Laye Souleymane Diallo du PLP, Edouard Zoutomou Kpoghomou de l’UDRP et Ousmane Doré du MND.
Mais les choses devraient se jouer entre les deux principaux rivaux qui se sont déjà affrontés en 2010 et 2015. Toujours en faveur de l’actuel occupant du Palais, Alpha Condé. La donne va-t-elle changer ? L’heure de Cellou Dalein Diallo a-t-elle sonné ? Réponse à l’issue du scrutin.

En effet, lors du précédent scrutin, en 2015, Condé, réélu au premier tour, l’avait emporté à 57,85% aux dépens de son challenger, Diallo, qui avait obtenu selon les résultats officiels, 31,44%. Le même scénario au second tour en 2010, mais là l’écart était moins important : 52,52% pour Condé et 47,48% pour Diallo.


UN CONTEXTE TENDU SUR FOND DE QUESTIONS ETHNIQUES

Les Guinéens retiennent leur souffle. Car depuis octobre 2019, la Guinée est le théâtre de nombreuses contestations à la suite de la volonté de l’actuel président, Alpha Condé, de briguer un troisième mandat. Pour ce faire, le chef d’État, élu en 2010, a fait adopter une nouvelle Constitution lors d’un référendum contesté en mars dernier.

L’initiative a provoqué une levée de boucliers de la part de la société civile, ses adversaires dénonçant un « coup d’État constitutionnel ».

Des mobilisations ont été sévèrement réprimées, conduisant à la mort de dizaines de civils. Les autorités et l’opposition se rejettent la responsabilité. Mais l’inquiétude est avivée par le ton d’une campagne hargneuse, sur fond de questions ethniques. D’un côté, il y a les Malinkés, se reconnaissant majoritairement dans le parti d’Alpha Condé, et les Peuls dans celui de Cellou Dalein Diallo, les deux groupes étant majoritaires.

Rappeler que le pays a connu deux coups d’Etats, en 1984 avec le renversement du premier ministre assurant l’intérim, Louis Beavogui par Lansana Conte, et en 2008 par Moussa Dadis Camara qui finira par renoncer à la suite d’une tentative d’assassinat.

Candidat malheureux aux élections de 1993 et 1998, Alpha Condé prendra le pouvoir à la suite de l’intérim assuré de janvier à décembre 2010 par Sékouba Konaté.

La Guinée, 1ère réserve mondiale de bauxite, est en proie à de nombreuses difficultés économiques. Celles-ci ajoutées aux tensions politiques poussent de nombreux Guinéens à s’exiler, par exemple, au Sénégal, pays voisin réputé pour sa ’’téranga’’ (hospitalité). Une forte communauté qui surveille comme du lait sur le feu ce qui se passe chez elle.

Préciser que certains Guinéens de l’étranger comme au Sénégal ne pourront pas voter.

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