KOLDA - LES VRAIES RAISONS DE L’ABSENCE D’UN GYNÉCOLOGUE

news-details
SANTÉ

Affecté au mois de février dernier au Centre hospitalier régional, sur instruction du chef de l’État alors en campagne électorale pour sa réélection et après le décès de son prédécesseur au poste, l’unique gynécologue que compte la région de Kolda conteste la thèse d’abandon de poste. Ses collègues de l’hôpital régional estiment également qu’il n’a jamais été question pour Docteur Tall de refuser de rejoindre son poste comme annoncé par ailleurs. « M. Tall n’a jamais abandonné son poste. Il était juste malade comme cela peut arriver à tout le monde et il est parti pour...un rendez-vous médical à Dakar », argue-t-on pour prendre sa défense. Une source proche du gynécologue en question confirme et évoque un repos médical dont il aurait bénéficié pour justifier la période d’absence avant de confirmer qu’il est bien de retour. Du côté de l’hôpital, l’on signale également qu’une solution alternative avait été pourtant trouvée, tant bien que mal, avec le chirurgien qui devait assurer l’intérim. La charge de travail de ce dernier a pu faire qu’il y ait eu quelques dysfonctionnements. « Tout ceci ne sera plus qu’un mauvais souvenir, le travail de tous va reprendre comme il se doit, les populations peuvent se rassurer », tente-t-on de convaincre, avant de souligner que la bataille la plus urgente de l’heure, c’est celle qui consiste à relever le plateau technique afin de permettre à ce centre de fonctionner correctement.

UNE STRUCTURE SANITAIRE SOUS PERFUSION

En effet, l’hôpital régional de Kolda, comme bon nombre d’établissements publics de santé de niveau 2, souffre d’un problème criard de moyens. Cela fait des années que les autorités en charge de la structure nourrissent l’ambition d’atteindre le niveau 3, au regard de sa vocation sous-régionale. Mais cette graduation obéit à des normes. Et, son plateau technique caractérisé par sa vétusté et le manque chronique de personnel qualifié ne semblent pas faciliter la progression. Cela fait longtemps que la structure n’a plus d’appareil d’échographie fonctionnel tandis que les gynécologues qui y sont affectés sont, en général, des stagiaires et souvent de nationalité étrangère, confrontés à la barrière linguistique et culturelle des patients.

S’y ajoute le défaut d’autonomie financière combiné aux autres difficultés qui font que la structure est souvent confrontée à des fractures entre la partie administrative et la partie médicale qui a la vocation régalienne de production de soins de qualité.
Ce manque de personnel qualifié impose une surexploitation du personnel qui fini par craquer. Ce qui engendre la mauvaise qualité d’accueil, décriée par tous les usagers.

Vous pouvez réagir à cet article