L’ARMÉE FRAPPÉE PAR UNE ATTAQUE QUI A FAIT UNE CENTAINE DE MORTS

news-details
JIHAD AU NIGER

L’armée nigérienne a subi ses plus lourdes pertes depuis qu’elle est confrontée au défi jihadiste, lorsque le camp d’Inates, dans l’Ouest, près de la frontière avec le Mali, a été attaqué mardi. "L’attaque a fait près d’une centaine de morts. Les terroristes ont pilonné le camp à l’aide d’obus et de mortiers. Les explosions des munitions et de carburant sont surtout à l’origine de ce bilan très lourd", a indiqué mercredi à l’AFP une source sécuritaire. L’ampleur des pertes subies a été ressentie jusqu’au sommet de l’Etat.

"Le président de la République, chef suprême des armées, Issoufou Mahamadou, a interrompu sa participation à la Conférence sur la paix durable, la sécurité et le développement en Afrique qui se tient en Égypte, pour rentrer à Niamey suite au drame survenu à #Inates", a indiqué la présidence sur twitter.
Cette attaque est la plus meurtrière depuis le début de l’offensive jihadiste au Niger, en 2015. Au-delà de ce pays, c’est tout le Sahel - en particulier le Mali, le Niger et le Burkina -, qui est visé par les assauts de plus en plus audacieux de groupes islamistes armés, en dépit de la présence des militaires français de la force antiterroriste Barkhane.

Au Mali, trois attaques jihadistes de grande ampleur ont tué près de 150 soldats cet automne, provoquant un véritable traumatisme. Le Burkina avait perdu 24 militaires en août, dans un assaut contre la base de Koutougou, également près de la frontière malienne.

Inates se situe au coeur d’une région en proie à la contrebande et aux trafics. La base militaire y avait déjà été ciblée le 1er juillet quand 18 soldats nigériens y avaient perdu la vie, dans une attaque revendiquée par le groupe Etat islamique. Mardi, le conseil des ministres nigériens avait prorogé pour une période de trois mois l’état d’urgence décrété depuis 2017 dans plusieurs départements pour lutter contre les attaques jihadistes.

Cette mesure accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d’ordonner des perquisitions de nuit comme de jour dans un domicile. En outre, elle limite les déplacements dans les espaces concernés.

Depuis octobre, il est aussi formellement interdit aux organisations humanitaires de se rendre dans certaines zones sans escorte militaire.
Cette attaque survient alors que le président français Emmanuel Macron a invité les présidents du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie à le retrouver le 16 décembre à Pau, dans le sud-ouest de la France.
C’est dans cette ville qu’étaient basés la majorité des 13 soldats français décédés le 25 novembre dans un accident d’hélicoptères au Mali.

Macron souhaite davantage de "clarté" de la part de ses homologues sahéliens sur la présence française au moment où celle-ci suscite une contestation grandissante, avec notamment des manifestations antifrançaises. Une partie de l’opinion publique sahélienne attribue la dégradation sécuritaire à la présence même des troupes étrangères. En novembre, l’état-major burkinabè avait même mis en garde les avions français qui survoleraient intempestivement son territoire.

Le président français attend de ses hôtes qu’ils "assument" publiquement auprès de leurs opinions le fait que les soldats français sont au Sahel à la demande des pays concernés, et non pas pour des "visées néocoloniales".
C’est une "condition nécessaire" et il tirera les conséquences si elle n’est pas remplie, a-t-il ajouté.

Mais l’invitation de l’ancienne puissance coloniale peut sonner comme une "convocation", selon plusieurs experts, qui regrettent qu’Emmanuel macron n’ait pas fait preuve de plus d’écoute et de partage.

Vous pouvez réagir à cet article