L’IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DE OUSMANE SONKO LEVÉE !

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ASSEMBLÉE NATIONALE

Le leader du parti Pastef – Les Patriotes, Ousmane Sonko, est redevenu simple citoyen. Son immunité parlementaire a été levée, à l’issue de la séance plénière convoquée ce vendredi, 26 février, à l’Assemblée nationale. Il faut noter que les députés de l’opposition et les non-inscrits ont boudé le vote. Mais la majorité parlementaire "Benno Bokk Yakaar" a prononcé la sentence : 90 voix pour, 1 contre et 2 abstentions.

Les débats ont été houleux entre députés des différents camps, avant le vote.
"La commission ad hoc a mené à bien sa mission malgré les multiples tentatives de la divertir. Elle est restée sereine et concentrée", a défendu son président, le député Pape Biram Touré, lors des débats, soulignant que les documents mis à la disposition de la commission ont été consultés par l’ensemble des membres.

Par contre, "nous ne sommes pas des juges", a-t-il martelé, rappelant que leur mission était de statuer sur la levée de l’immunité parlementaire du concerné.
"Il y a eu obstruction", avait déjà récusé le député du groupe parlementaire ’’Liberté et démocratie", regroupant le Parti démocratique sénégalais (PDS) et ses alliés de l’opposition.

"La loi est dure mais elle reste la loi", a asséné, à son tour, le rapporteur de la commission ad hoc, Mame Bounama Sall.
Enfonçant le clou, le député et responsable du Parti socialiste (PS), allié de Benno Bokk Yakaar (BBY), au sein de la mouvance présidentielle, a rappelé que "c’est l’Assemblée nationale qui vote les lois", et si (la représentation nationale) est "cohérente avec elle-même", elle doit "donner quitus à la Justice" pour poursuivre la procédure. D’autant plus qu’a-t-il ajouté : "Adji Sarr, (l’accusatrice de Sonko) est une sénégalaise, et elle mérite que vous prêtiez attention à ses propos. Vous n’êtes ni juges ni avocats".

UNE ENTREPRISE DE LIQUIDATION D’UN ADVERSAIRE POLITIQUE

Répondant à une question préalable du député-opposant Moustapha Guirassy, le ministre de la Justice, Me Malick Sall de préciser : "je peux vous assurer que la réaction du chef de l’État, Macky Sall, était une réaction de désolation, de compassion. Il m’a dit à son pire ennemi, on ne souhaiterait pas cela. J’ai été un témoin oculaire de ça."

Toutefois, il a souligné qu’une "procédure obéit à des règles. La gendarmerie a fait son travail, demandant à interroger le député (Sonko) qui a mis en avant son privilège d’immunité. Le Procureur a remis le dossier à un juge d’instruction. Qui a la possibilité d’entendre toutes les personnes."
"Sachant que Sonko est protégé, le juge d’instruction du 8e Cabinet, (Mamadou Seck) a demandé à ce que sa demande de main levée soit transmise", a expliqué le Garde des Sceaux, soulignant que "la règle veut que le ministre de la Justice, (saisi à son tour), transmette le dossier au président de l’Assemblée nationale. Ce n’est que ça qui a été fait."

AIDA MBODJ : "ÉVITER QUE NOTRE ASSEMBLÉE NE SERVE DE FAIRE-VALOIR"

Désignée par Ousmane Sonko, la députée non inscrite, Aïda Mbodj, a défendu bec et ongle son mandataire. "Nous devons rejeter cette demande et éviter que notre Assemblée ne serve de faire valoir à une entreprise de liquidation d’un adversaire politique", a-t-elle plaidé.

Dans une interview accordée au journal Source A, ce matin, la députée a indiqué que "Sonko étant membre de l’Assemblée nationale, qui a criminalisé le viol par la loi 2020-05 du 10 janvier 2020, devait être conscient des lourdes peines auxquelles on s’expose, le cas échéant. Par conséquent, il est invraisemblable qu’il puisse se rendre coupable d’un tel acte".

Selon la procédure, le président du groupe parlementaire ’’Liberté et Démocratie’’, Serigne Cheikh Mbacké, a été le dernier à prendre la parole, s’opposant au vote.

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