« LA COTISATION, SÈVE NOURRICIÈRE DE LA MUTUELLE DE SANTÉ »

news-details
Lancement ’’Sunu Cmu’’

Actuellement, le maintien et la fidélisation des adhérents posent problème dans la Couverture maladie universelle (CMU). Le constat est fait par Lobé Cissokho, la présidente de l’Union régionale des mutuelles de santé de la région de Kaolack. Elle s’exprimait lors d’un panel tenu avant le lancement de la plateforme ’’Sunu Cmu’’, par le Premier ministre, Mahammad Boun Abdallah Dione, ce mardi, 30 avril, à la salle Atlantique de l’hôtel Terrou-bi. « Cette collecte de cotisations cause énormément de problèmes, a-t-elle expliqué. Un paramétrage doit donc permettre de maximiser ses fonctions surtout avec les énormes charges liées à la collecte des cotisations parce que nous sommes obligés de faire des planifications, de les budgétiser et d’aller sur le terrain » alors « qu’au niveau de nos mutuelles communautaires, l’adhésion est libre et volontaire. Cela veut dire que la cotisation est volontaire. C’est pourquoi nous menons nos activités par rapport à nos maigres moyens. Il y a aussi des risques de détournements parce que nous sommes obligés de mener des stratégies par rapport à des collecteurs que nous recrutons qui sont chargés de collecter les cotisations au niveau des populations.

La mutualiste de poursuivre : « Le risque de non traçabilité d’encaissements des cotisations est également une difficulté. Car nous avons une cotisation informelle et très manuelle. Les difficultés sont aussi liées à la question géographique avec des adhérents qui sont éparpillés partout. »

« La plateforme électronique de collecte des cotisations ’’Sunucmu’’ vient donc à son heure », s’est-elle réjouit, d’autant plus que « dans les mutuelles de santé, la cotisation est la sève de la mutuelle dans la prise en charge sanitaire des bénéficiaires. »

« Ce qui est fait aujourd’hui participe réellement à la couverture sanitaire universelle », a également salué Dr Farba Lamine Sall, le conseiller en politique et financement de la santé à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), indiquant que « la politique universelle se fera aussi par des innovations. Si on veut impacter fortement, il nous faut sortir des sentiers battus, explorer des pistes nouvelles, faire autrement pour avoir les moyens d’atteindre cette grande ambition. »

Toutefois, le spécialiste a recommandé d’accentuer la communication autour de la CMU. « Beaucoup de nos compatriotes veulent adhérer à des mutuelles sans savoir comment faire. Très souvent, je reçois des demandes de ce cas. Je crois qu’il faut beaucoup communiquer là-dessus non seulement pour les résidents mais les compatriotes qui sont à l’extérieur et surtout dans le Nord, qui sont dans des environnements de protection sociale et qui savent justement à quel point il est sécurisant d’avoir cette couverture. La grande difficulté dans nos mutuelles, c’est non seulement la cotisation initiale mais aussi le renouvellement de cette cotisation. Il faut avoir des dispositifs qui facilitent cette cotisation. Celle-ci est facilitée dès lors qu’elle est en rapport avec le téléphone. »

Abdou Karim Mbengue, Directeur RSE de la SONATEL, a noté, lui, pour le déplorer « beaucoup de dispersion d’initiatives » : « Le Plan Sénégal 2025, qui est la stratégie de l’Etat dans le domaine du numérique qui intègre quand même le volet santé, devrait être plus coordonné en rapport avec les acteurs, pour accélérer la digitalisation et la transformation numérique du secteur de la santé. »

Dans son intervention, Seynabou Diakhaté, la Directrice de la programmation du budget au ministère des Finances, a insisté sur la reddition des comptes, soulignant que « quand on reçoit, il faut après rendre compte. »

La SONATEL a été interpellée pour une réduction de ses coûts de porte-monnaie électronique.

Vous pouvez réagir à cet article