[VIDÉO] : LA GAUCHE SÉNÉGALAISE À LA LOUPE

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LR DU TEMPS

La disparition d’Amath Dansokho, une icône de la gauche sénégalaise a servi de prétexte pour analyser, dans Lr du Temps ce dimanche, ce courant politique. Le premier constat soulevé par les invités d’Alassane Samba Diop est qu’au Sénégal les leaders de la gauche ont toujours eu des difficultés à accéder à la magistrature Suprême. Les partis de cette obédience politique ont du mal à faire adhérer la masse, dont ils sont censés défendre leur idéologie. S’il en est ainsi, estime le Spécialiste des questions de sociétés et Politiques, Mamadou Wane dit Mao, c’est parce que le système capital a dominé les Etats africains. « Les politiques que l’on voit ne sont pas des politiques économiques autonomes. Elles sont voulues et édictées par la Banque mondiale. Nos Etats n’ont pas de souveraineté même dans la conception de leurs politiques publiques. Et c’est là où la gauche a échoué. Elle n’a jamais eu un programme autonome de prise de pouvoir politique. Les leaders de gauche ont eu le génie d’accompagner. Mais, ce n’est pas des forces électoralistes même s’ils parlent au nom du prolétariat », pense Mao.

« C’est l’absence d’idéologie qui justifie la transhumance »

Son co débatteur, Hady Ba va plus loin. Selon le Philosophe et spécialiste des questions cognitives, c’est l’idéologie même qui commence à disparaître en politique. Ce qu’il y a, ce sont des ambitions personnelles. « Depuis les années 90, l’idéologie politique a disparu au Sénégal. Les gens font de la politique par ambition personnelle. C’est pourquoi, l’on voit un président de la République libéral et qui fait de grands travaux qui sont d’inspiration non-libérale. Parce que pour lui, l’idéologie n’a aucune importance », analyse M. Ba. Qui ajoute : « S’il ne reste que des ambitions personnelles, à chaque fois que cette ambition ne peut être satisfaite, les personnes porteuses de l’ambition vont transhumer ». Selon Hady Ba, si les partis de gauche ne parviennent pas à gagner des élections, c’est parce qu’ils n’ont pas les moyens de leur politique. « C’est le paradoxe de la gauche. Et ce n’est pas qu’au Sénégal. C’est partout au monde. Pour gagner des élections démocratiques, il faut gagner la guerre idéologie. Alors que, pour gagner la guerre idéologique, il faut avoir les moyens de propagande. Hors, ce sont ceux qui ont de l’argent qui les moyens de propagande ».

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