LE COUP DE GUEULE DE JULES GUÈYE : « CE QUI SE PASSE À LA SODAV... »

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TOC TOC SÉNÉGAL

Invité à « Toc Toc Sénégal », la matinale d’ITV, le trompettiste Jules Gueye n’a pas fait de détour pour mettre à nu la mal-gouvernance qui prévaut à la Société sénégalaise du droit d’auteur et des voisins. Selon lui, il y a même des personnes décédées qui figurent dans le fichier de cette société. Également, il a évoqué les conditions difficiles dans lesquelles certains artistes traversent cette période de pandémie. Aussi, il a parlé du métier de trompettiste ainsi que les qualités que cela requiert. Morceaux choisis.

« La trompette demande de l’intelligence »

« On ne trouve pas beaucoup de trompettiste au Sénégal. Je trouve qu’il y a l’insertion d’autres instruments de la musique comme les claviers qui viennent remplacer les trompettes. J’ai eu à former pas mal de jeunes. Mais la trompette est un instrument qui n’est pas facile. C’est un instrument extrêmement difficile à jouer. C’est un instrument qu’il faut aimer d’abord. Il faut de la passion. J’ai eu à rencontrer beaucoup d’élèves qui viennent me dire qu’ils veulent faire la trompette mais au bout de quelques jours, ils commencent à se lamenter. Du coup, je leur demande d’aller faire du piano ou de la guitare. La trompette demande de l’effort physique mais, il faut également de l’intelligence. Un trompettiste doit forcément avoir un coach parce qu’il faut qu’il maitrise les tonalités, connaitre les accords parfaits »

« On ne doit pas être l’esclave de la musique »

« Je me suis toujours battu pour être autonome en dehors de la musique. On ne doit pas être l’esclave de la musique. Parce que, pour être aussi créatif, aussi indépendant, il faut chercher à faire autre chose qui ne nous empêche pas de faire de la musique. La Covid-19 nous a permis de prendre le recul. On n’est pas toujours dans ce système de chercheur d’or. Il n’y a pas de gens qui se lèvent, se proclament artistes et disent qu’on a nous a donné 2 milliards FCFA, il faut qu’on nous donne notre part. Ce n’est pas comme ça. Le plus important c’est de laisser les gens exercer leur activité. Il y a énormément de gens qui disent musiciens mais si on ouvrait les clubs de Jazz, les restaurants, les cabarets, beaucoup d’entre eux resteraient 4 ans sans jouer. La musique c’est de l’activité. Que nos autorités ouvrent les cabarets, les restaurants, les clubs. Ceux qui sont impactés sont les artistes qui y jouent. Evitons ceux qui sont dans le « parcœurisme » et dans l’interprétation. L’artiste n’est pas dans ça. L’artiste est quelqu’un d’inspiré et de créatif. L’artiste est quelqu’un de sensuel »

« Charles Moreau, Fou Malade et Gassira Diagne captent les subventions »

« Ce qui se passe à la SODAV est très grave. Quand on se battait pour faire partir Mme Siby (Ndèye Abibatou Youm Diaby), on pensait que la situation allait s’améliorer. Mais, quand elle est partie, les choses sont devenues pires avec la nouvelle équipe. Avec Mme Siby, on nous payait 3 fois, mais maintenant on nous paie une seule fois. Dans le rapport 2019 de la SODAV, ils disent qu’ils ont reçu un budget de plus de 800 millions de francs CFA. Et de ce montant, ils ont gardé 500 millions pour le fonctionnement de la société et c’est le montant restant qui a été distribué aux artistes. Encore, nous n’avons pas un œil regardant par rapport à cette gestion. Leur travail c’est de répertorier, de percevoir et de répartir. On est leur employeur car, si la Sodav existe c’est parce qu’il y a des artistes. Sans les artistes, ces gens n’allaient jamais s’asseoir dans ce salon. On ne nous implique pas dans la gestion et on ne sait pas ce qui se passe. Le fonds de soutien culturel c’est pratiquement ceux qui sont au sein du Conseil d’administration qui en bénéficient. Ils ont leur festival, leur édition de livre. Parmi eux, il y a Charles Moreau qui a l’édition du livre, Gassira Diagne qui a « Kaay Feth », il y a Fou Malade qui fait « Guédiawaye Rap ». On les a subventionnés deux fois dans une même année. Il faut apporter la lumière sur la gestion de cette société. Ils refusent de confectionner des cartes de membres parce que cela ne les arrange pas. Le fichier qu’ils ont, ils l’ont hérité de la BSDA et des morts y figurent toujours. Il faut que les artistes fassent bloc pour faire partir ces gens-là. Parce qu’ils refusent d’aller en Assemblée générale. Il faut ne clarté de gestion ».

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