LE PRÉSIDENT ADAMA BARROW DE PLUS EN PLUS ISOLÉ

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GAMBIE

S’appuyant sur une promesse de campagne, le Parti Démocratique Unifié (UDP), la première force politique de la Gambie, exhorte le président Adama Barrow à tenir parole en démissionnant au mois de décembre. C’est une mesure qui a surpris plus d’un en Gambie et qui isole de plus en plus le président Adama Barrow. Une prise de position radicale révélatrice des tensions politiques, à l’approche du troisième anniversaire de son élection. Si le camp du pouvoir insiste sur le mandat de 5 ans à achever, il demeure que Barrow est de plus en plus isolé.

BANJUL - Le président Barrow avait conquis le pouvoir avec une demi-douzaine de partis, mais aujourd’hui, il a presque fait le vide autour de lui. Toutefois, ce qui préoccupe bon nombre d’observateurs, c’est de voir comment il compte éviter une escalade de violence au mois de décembre prochain.

L’association dénommée "operation 3 years jotna", regroupant des partisans de la société civile et de l’opposition, envisage de descendre dans la rue à partir de ce mois, pour réclamer la démission du chef de l’Etat.

Série d’appels à la démission

Même si le parti démocratique unifié (UDP), considéré comme la première force politique du pays, en ce sens qu’il détient la majorité à l’Assemblée nationale et avait remporté les élections municipales, exclut tout lien avec ce mouvement, lui aussi, exhorte désormais le président Barrow à démissionner.

Le porte-parole du parti, Alamy Fanding Taal, défend ainsi cette prise de position : « Nous ne sommes animés par aucun sentiment de revanche. Il s’agit d’une prise de position réfléchie conformément à la promesse d’avant élection. Cependant, nous battons en brèche tout lien avec le mouvement "3 years Jotna". Nous ne menaçons personne. Nous avons tenu juste à montrer notre position sur cette question. Si le président ne démissionne pas, nous n’allons pas le contraindre à le faire. Cela n’engage que lui », promet-il.

Le reniement de l’opposant Darboe

L’UDP serait-il en train de prendre sa revanche sur Barrow, ex-membre de sa formation ? Toujours est-il que, jusqu’à avant son limogeage, en mars dernier, Oussainou Darboe, qui était le vice-président du pays, avait soutenu que le mandat du président est de cinq ans. Mais le porte-parole du parti entend lever toute équivoque.

« Notre parti se veut souverain. Comme indique le signe de notre parti, nous sommes des démocrates qui croyons aux principes démocratiques pour respecter la loi de la majorité. C’est la première fois que le parti prend position sur ce sujet. Jusque-là, c’est le leader du parti qui s’était exprimé. C’est suite à une concertation que nous avons estimé qu’il fallait inviter le président à tenir parole ».

Ce juriste de formation dresse un tableau sombre de la gouvernance Barrow qui, à l’en croire, « fait du surplace ». La réaction du pouvoir ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué, l’un des conseillers du président Barrow a dénoncé, ce qu’il qualifie de « revirement » d’Oussainou Darboe. Quoi qu’il en soit, pour le camp du pouvoir, cette prise de position est un non évènement avant de rappeler que le mandat du président est de cinq ans et qu’il prime sur les questions morales. "Wax waxeet" en vue...

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