LIMOGÉ PAR JOSÉ MARIO VAZ, ARISTIDE GOMES CONTRE ATTAQUE

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GUINÉE BISSAU

Les décrets du président sont illégaux. Telle est la réaction d’Aristide Gomes, ex-chef du gouvernement bissau-guinéen, intervenant sur Rfi, suite au limogeage du gouvernement qu’il dirigeait, par le président José Mario Vaz. Qui est soupçonné, par ailleurs, du pire.

« Il n’est pas suffisamment légitime pour faire des décrets. Son mandat est terminé depuis le mois de juin dernier. Il est resté sur place grâce à un arrangement trouvé par les chefs d’Etat de la sous-région dont la CEDEAO qu’il reste en place. C’est pour éviter une certaine vacance du pouvoir à Bissau, à condition qu’il ne se mêle pas du gouvernement. Donc, ce sont des décrets nuls et non avenus », charge l’ex-Premier ministre.

Poursuivant, il souligne qu’« (il) va continuer à gouverner ». Toutefois, interpellé sur les craintes qu’il pourrait avoir, il espère « que les militaires vont rester à leur place » et ne feront « pas irruption dans la scène politique ». « Il y a toujours cette possibilité que les militaires interviennent, qu’ils soient instrumentalisés. Mais, nous demeurons confiants parce que les militaires, depuis le coup d’Etat de 2012, ils se comportent assez correctement. On espère que cela ne va pas changer ».

Avant d’ajouter : « C’est inexplicable le fait de voir en tant que candidat, il essaie d’avoir un gouvernement qu’il puisse instrumentaliser dans la tentative de gagner l’élection présidentielle ».

Dans ses motivations, le président Bissau-guinéen, José Mario Vaz a fait le constat « d’une grave crise politique, empêchant le fonctionnement normal des Institutions de la République ». En face, Aristides Gomes répond que « c’est ridicule qu’une crise s’installe dans un pays alors qu’il y a un fonctionnement régulier des Institutions c’est-à-dire du gouvernement, de l’Assemblée nationale, qui sont les Institutions les plus légitimes, à l’heure actuelle, en tout cas plus que lui ».

Un lien avec les deux dernières saisies de drogue ? « Il y a des liens très forts, martèle Gomes. Par exemple lors de la saisie de 800 Kg, le président est intervenu auprès de la police judiciaire pour réclamer le camion où se trouvait la drogue mélangée à du poisson. Je n’ai pas à mettre en cause le président. C’est à lui de nous expliquer pourquoi il s’est mêlé de cette affaire ? Pourquoi il a envoyé le Secrétaire général du ministère de l’Intérieur avec des policiers pour récupérer ce camion ? Et puis le fait que cette saisie ait déclenché la rage chez le président et ses amis de l’opposition. Normalement, cela devrait être uniquement un dossier de la police judiciaire, du Parquet et de la Justice ».

Pour la tenue de la présidentielle du 24 novembre, Gomes craint « des blocages de la part du président, tel qu’il se comporte, à instituer un gouvernement à cinq jours du début de la campagne électorale ». Ce qui risque « d’impacter de façon négative le chronogramme déjà établi pour le scrutin. Si tel est le cas, (on va) aboutir à nouveau à une transition qui n’en finit jamais. Donc, c’est délibéré ».
Nommé nouveau Premier ministre, Faustino Imbali, a pris fonction.

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