MAGAL ET COMMERCE : La communauté guinéenne marque son territoire à Touba

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ILA TOUBA

La communauté étrangère est bien représentée à Touba. Elle est est plus active dans le secteur du commerce. Divers produits sont proposés des fruits aux produits cosmétiques. Les envoyés spéciaux de Emedia.sn ont fait un tour de la ville sainte pour constater la présence remarquée de commerçants originaires de pays de la sous-région, notamment de la Guinée. Immersion.

A Touba, la communauté guinéenne a fini de prendre ses quartiers. Très présente sur la rue El Hadj Mouhamedou Lamine Bara Mbacké, à l’angle de l’avenue 28, elle s’active aujourd’hui à faire vivre un business florissant. Ils sont maintenant habitués à prendre part au Magal de Touba. Pour mieux faire fructifier leurs affaires, ces commerçants s’installent des jours avant le grand événement. À même le sol ou sur des tables de fortune, ils arrivent plus ou moins à s’installer à leurs aises.

Vendeuse de chaussures, Nacira Bangouma est arrivée dans la capitale du mouridisme il y a trois jours. Elle propose des sandales en synthétique qu’elle vend à 500 ou 600 F Cfa la paire. Même si ce n’est pas encore la grande affluence, elle ne s’en plaint pas. Toutefois elle regrette une augmentation de la la taxe sur les marchandises à la frontière Sénégalo-guinéenne. A l’en croire, c’est passé du simple au double. « Pour chaque article, j’ai payé 100 F Cfa de dédouanement. Avant, on payait 50 F Cfa. Ça fait 30 ans que je viens à Touba pour faire du commerce, et c’est la première fois qu’on est taxé de la sorte », fustige-t-elle.

Même son de cloche chez Ibrahima Keita, bijoutier venu lui aussi de la Guinée, qui déplore la taxe municipale que leur fait payer la Mairie de Touba. Pour s’établir sur cette rue marchande, il a dû débourser 10 000 F Cfa. « De 2004 à aujourd’hui, je n’ai raté aucune édition du Magal. Et c’est la première fois que la Mairie nous impose cela », dénonce-t-il.


Ibrahima Keita déplore la cherté de la taxe municipale

L’hospitalité de la communauté mouride pour atténuer les difficultés

Pour pallier ce manque à gagner, ces commerçants étrangers amortissent les pertes en achetant des produit au Sénégal pour les revendre une fois retournés au pays. N. Bangoura dit profiter de sa présence au Sénégal pour s’acheter une importante quantité de tissus qu’elle va revendre en Guinée. « Ce n’est que par cette stratégie que je réalise vraiment des bénéfices », confie-t-elle sans évoquer son chiffre d’affaires, même si son sourire atteste qu’elle ne se plaint pas trop.

Ce qui est loin d’être le cas du côté des vendeurs de fruits, où c’est littéralement la panique. Leurs produits pourrissent à grande échelle à cause de la chaleur qui sévit présentement à Touba. Les ananas sont les plus affectés par la canicule. Mais ils gardent un brin d’espoir d’écouler les produits qui sont encore consommables.


La canicule qui sévit à Touba est un calvaire pour les vendeurs de fruits

Malgré toutes les difficultés auxquelles elle fait face, la communauté étrangère salue l’hospitalité de la communauté mouride et des habitants de Touba. Durant tout leur séjour dans la ville sainte, ces commerçants ne paient ni eau ni électricité encore moins de nourriture. Ils disent en recevoir en quantité et en qualité. La sécurité et l’éclairage public sont également au rendez-vous.

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