MALI - NOUVELLE MANIFESTATION CONTRE IBK, LE SIÈGE DE L’ORTM OCCUPÉ

news-details
CONTESTATION

Les opposants au président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, ont de nouveau manifesté vendredi à Bamako. La chaîne de télévision publique a dû interrompre ses émissions après l’intrusion de manifestants dans ses locaux.

"Trop, c’est trop." Plusieurs milliers de Maliens se sont rassemblés vendredi 10 juillet place de l’Indépendance, dans le centre de Bamako, pour demander la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Certains partisans ont ensuite occupé des locaux de médias publics et bloqué des ponts.

C’est le troisième grand rassemblement organisé en deux mois dans la capitale par la coalition du Mouvement du 5 juin, formée de chefs religieux, d’hommes politiques et de la société civile.

"Nous ne voulons plus de ce régime"

"Le président de la République a déçu dans son dernier discours", a déclaré à l’AFP Nouhoun Sarr, un responsable du mouvement de contestation. "Nous ne voulons plus de ce régime", a de son côté affirmé une manifestante, Sy Kadiatou Sow.

Des opposants ont à l’issue de la manifestation occupé la cour de la radio et de la télévision publiques ORTM. D’autres protestataires bloquaient deux des trois ponts de la ville, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des barricades ont également été érigées sur un de ces ponts alors que des voitures étaient contraintes de dévier de la circulation.

Le président Keïta a vainement tenté mercredi soir un nouveau geste d’apaisement, ouvrant la voie à un réexamen de l’inversion par la Cour constitutionnelle des résultats d’une trentaine de résultats des législatives de mars-avril, considérée comme déclencheur de l’actuelle crise politique.

IBK a laissé entendre qu’une Cour nouvellement formée pourrait revenir sur cette décision, qui a profité à une dizaine de membres de sa majorité, à commencer par celui qui allait ensuite être élu à la présidence du Parlement.

Mahmoud Dicko, très influent

Le Mouvement du 5 juin réclame la dissolution du Parlement, la formation d’un gouvernement de transition dont il désignerait le Premier ministre, ainsi que le remplacement des neuf membres de la Cour constitutionnelle, accusée de collusion avec le pouvoir.

La coalition, dont la principale figure est l’imam Mahmoud Dicko, réputé très influent, mène cette fronde contre le président soutenu par la communauté internationale dans sa lutte antijihadiste depuis sa première élection en 2013.

Cette contestation fait craindre aux partenaires du Mali un renforcement de la déstabilisation d’un pays déjà confronté depuis 2012 à des attaques jihadistes, auxquelles se mêlent depuis cinq ans des violences intercommunautaires.

Vous pouvez réagir à cet article