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« NOURRIR UN SEUL BÉBÉ, CE N’EST PAS FACILE À FORTIORI PRÈS DE 80 » (SŒUR CÉLESTINE)

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Quand on parle d’adoption d’enfants, beaucoup pensent à la célèbre pouponnière de la Médina. Fondée le 5 août 1955, la Pouponnière des Sœurs Franciscaines, Missionnaires de Marie, avait pour premier but, de compléter le travail des services hospitaliers, quelques fois éprouvés par la surcharge. Elle prenait également en charge les enfants traités de malnutrition, dénutrition, Kwashiorkor, qui étaient obligés de sortir prématurément des hôpitaux. Mais bien plus tard, il y a eu un second appel plus urgent que le premier, c’est-à-dire l’accueil du nouveau-né dont la mère venait de mourir et dont la survie pose de graves problèmes.

La sœur principale dans cette institution, Sœur Célestine a d’emblée tenu à préciser que la procédure pour l’adoption d’enfant, en général se gère dans les tribunaux et dans les Aemo (Action éducative en milieu ouvert). « Nous, notre travail, c’est l’accueil et la garde d’enfants. Pour la paperasse, c’est eux qui s’en occupent, ils ont tous les dossiers des enfants adoptés. Pour les couples qui veulent adopter des enfants, même s’ils viennent ici, on les oriente au niveau des tribunaux (Dakar, Pikine). Ils ont leur système de travail et c’est eux qui font les entretiens. Et quand il y a un enfant, c’est eux qui nous l’amènent », a-t-elle tenu à préciser. La sœur de poursuivre : « Nous, quand l’enfant vient, on l’identifie seulement, mais les vrais dossiers sont au tribunal. »

20 enfants abandonnés accueillis en 2021
Elle a, à ce propos, indiqué que pour l’année 2021, la pouponnière a reçu « 20 enfants abandonnés du 1er janvier au 31 décembre 2021 ». Selon elle, « Il fût des temps, où il y avait des femmes qui déposaient leurs bébés à la devanture de la pouponnière. Mais depuis qu’elle a été réfectionnée, cela n’est plus possible, car il y a des lampes partout ». Par rapport aux aides et subventions, elle a avoué qu’elles ont toujours des difficultés. « On a plusieurs enfants en charge. Actuellement, on a 79 enfants âgés entre 0 à 1 an à gérer et ce nombre peut évoluer du jour au lendemain. Nourrir un seul bébé, ce n’est pas facile a fortiori près de 80 enfants et avec du lait artificiel, c’est pas évident du tout, sans compter les couches, les soins et le personnel. C’est vraiment compliqué », s’inquiète-t-elle.

Pour la prise en charge de ces chérubins, elles gèrent la situation, avec les dons des bonnes volontés et de l’Etat qui fait quelques fois des gestes. Il y a aussi le cas d’enfants qui ont été encadrés dans la pouponnière, qui sont partis dans des familles d’accueil et qui ont réussi dans la vie. Il arrive que ces derniers reviennent à la pouponnière en signe de reconnaissance. Dès fois, ils font des collectes autour d’eux et reviennent ici pour faire du social. Pour la prise en charge du personnel, la sœur principale a indiqué qu’elles ne sont pas subventionnées et n’ont pas un budget. « On leur donne seulement une motivation », a-t-elle conclu.

Ndeye Anna NDIAYE

19 février 2022


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