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POUR UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES

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L’approfondissement de la démocratie, pour une meilleure prise en charge des préoccupations des populations, se traduit de manière pertinente par l’érection de toutes les catégories de communes en communes de plein exercice. Ainsi, l’amélioration des formes de gouvernance locale doit s’accompagner par une autre manière de les gérer afin que les actions publiques locales puissent avoir un impact utile pour l’amélioration des conditions de vie et d’existence des populations.
Cette amélioration doit nécessairement passer par une gestion saine, répondant aux indicateurs de gestion efficientes et efficaces, portée par des hommes compétents qui ont une vision et un sacerdoce à même de sous tendre l’action publique locale.

Une gestion saine, répondant aux indicateurs de performance
L’exécution du budget communal doit s’articuler autour de 3 points essentiels :
1-Un budget sincèrement équilibré
2- Un budget exécuté dans l’optique d’une optimisation des ressources et d’un choix porté sur des dépenses de qualité.
3-Le budget, étant classiquement un budget de moyens, il doit être maintenant hic et nunc un budget de résultats et s’appuyer sur les ressources longues (PPP, financement islamique, financement vert, marchés financiers) pour entreprendre irrémédiablement la voie de l’investissement conséquent, qui permet une transformation des conditions de vie et d’existence des populations.

1- Un budget sincèrement équilibré.
L’analyse rigoureuse des possibilités de rentrée des recettes compte tenu des recouvrements précédents et des nouvelles réalités économiques locales permet une bonne évaluation des recettes attendues. Celle-ci est renforcée pour exploration rigoureuse de toutes les niches de recettes possibles prévues par le code général des collectivités territoriales. L’examen de ce dernier permet de déceler de nombreuses possibilités de recettes dans une collectivité territoriale particulièrement pour la commune. Ainsi une optimisation des ressources passe nécessairement par cette étape incontournable d’une bonne liquidation de ses taxes et impôts locaux prévus par le dit code.

C’est seulement à la suite de cela, qu’une évaluation des dépenses dans ses différentes ventilations peut se faire sans risque d’inexécution budgétaire et financière, préjudiciable au déploiement conséquent des politiques publiques locales. Ceci veut dire simplement que ces politiques doivent s’appuyer sur des ressources stables et sures, ce qui permet la mise en place d’un budget équilibré et sincère.

2-Ainsi, le volume des recettes prévues étant important, une bonne organisation des divisions de recettes des collectivités territoriales en synergie avec les services du receveur municipal peut aider à attendre de niveaux de recouvrement important, utile au déploiement des politiques édictées par le maire.

Une qualité de la dépense caractérisée par son utilité large répondant aux besoins réels des populations locales, en phase avec les indicateurs de bonne gestion relatifs aux ratios masse salariale/recettes ordinaires, fonctionnement/investissement par rapport aux ressources totales. Celles ci renferment, évidemment, d’autres types de ressources issues des nouveaux instruments de financement (partenariat public /privé (PPP), financements vert et islamique, marchés financiers).

3- Vers un budget de Résultats pour les collectivités territoriales
La marche des collectivités territoriales vers ces nouveaux instruments de financement augure d’un nouvel ère de collectivités territoriales qui ne pourront plus être gérées comme avant et à leur tête de nouveaux maires qui comprennent les enjeux de l’heure.

Des projets incitatifs à forte redistribution de revenus pour les populations jeunes et les femmes peuvent trouver des sources de financement dans le cadre de la coopération décentralisée et le partenariat.

Le respect de critères environnementaux, utiles à la santé publique, permet d’obtenir un accompagnement dans le cadre du financement vert.
Les offres du financement islamique permettent le partage des risques et gains, une excellente coopération gagnant-gagnant.

L’établissement à temps des états financiers, des comptes de gestion respectant les normes retenues, le respect des indicateurs de performance et de transparence relatifs aux ratios de gestion classiques ouvrent un accès aux marchés financiers et au marché bancaire en surplus financier.

En effet, la bonne organisation et structuration de ces nouveaux instruments de financement conditionnent une collectivité territoriale aux normes, apte à répondre au rendez-vous des bilans et réalisations appréciables et appréciés au profit des populations locales, dont leur satisfaction doit constituer le seul baromètre de l’exécutif local attendu aux résultats avec les instruments d’action mis à sa disposition.

DE NOUVEAUX MAIRES FACE AUX ENJEUX DE L’HEURE
Un développement national résultant des actions endogènes locales, émanation de nos préoccupations profondes semble être plus adapté à nos sociétés.
C’est dire autrement, que nos modèles de développement doivent être le reflet de nos besoins et préoccupations. Ce qui permet d’affirmer que le maire qui est à la tête de l’exécutif local de base doit être imprégné des réalités locales. Ce qui fonde de sa légitimité, sa compétence viendra l’aider dans la compréhension des problématiques de l’ heure, son expertise l’ accompagnera dans sa relation avec l’ Etat Central. En effet, la collectivité territoriale est un démembrement de l’Etat, issu de la volonté de celui-ci d’approfondir la démocratie locale. C’est dans ce sens que l’Etat lui a transféré des compétences avec des ressources qui vont avec, suffisantes ou pas.

Aujourd’hui face à la résilience économique à la suite de la covid- 19, face aux difficultés rencontrées par toutes les entités économiques, sociales, locales, les ressources des collectivités territoriales ont considérablement chuté suite à la fermeture des marchés et au confinement.

Face à cette situation, les nouveaux maires doivent être, à même, d’entamer des négociations avec l’Etat pour une reforme de la fiscalité locale face aux perspectives de ressources substantielles additionnelles attendues grâce aux découvertes du pétrole et du gaz au Sénégal.

Une meilleure implication des services municipaux dans le processus de liquidation de l’assiette et une meilleure détermination des services fiscaux dans la confection sincère et exhaustive des rôles d‘impôts locaux, si une direction dédiée n’est pas érigée à cet effet.

Aussi, ils peuvent proposer à l’Etat une revue des taux alloués pour les différents transferts financiers de l’Etat.

Le nouveau maire doit explorer davantage la coopération décentralisée armé de sa légitimité, de sa compétence et de son expertise qui doit déteindre sur le visage affiché de sa commune et par la respiration du cadre de vie et l’amélioration des conditions de vie des populations (cadre de vie, sécurité, aménagement, assainissement, capacitation des femmes et des jeunes).

Enfin, une nouvelle génération de collectivités nécessite un nouveau type de maire pour un changement radical de ce qui se fait jusque-là. Ainsi, au terme du mandat, le nouveau type de maire sera évalué par des instruments efficaces d’appréciation du niveau de satisfaction des populations. De cette appréciation doit dépendre la conduite à tenir pour briguer un nouveau mandat ou pas.

Pape Modou SYLLA,
Président de Solidarité Active,
Candidat à la candidature de BBY à Grand YOFF

22 octobre 2021