POURQUOI LES SÉNÉGALAIS ONT PEUR DE SE FAIRE ASSURER ?

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OBSERVATOIRE ET DE LA QUALITÉ DES SERVICES FINANCIERS

Il faut que les populations aillent s’assurer en dehors des assurances obligatoires, tels que l’automobile et les assurances voyages. C’est l’appel lancé par le Secrétaire général de l’Observatoire et de la qualité des services financiers (OQSF), Habib Ndao.

C’est dans ce cadre, a-t-il déclaré, repris par Enquête, que les experts des compagnies d’assurances et l’ensemble des acteurs du secteur sont invités à voir les entraves qui empêchent les populations à souscrire à une police d’assurance ». Habib Ndao se prononçait lors d’un atelier de deux jours ouvert jeudi, 6 décembre, dernier à Saly, qui a regroupé l’OQSF, l’association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) et les sociétés d’assurances.

L’atelier, a-t-il indiqué, prévoit deux commissions : « La commission souscription c’est-à-dire les entraves à la souscription d’une police d’assurance et la commission aux règlements c’est-à-dire les difficultés que rencontrent les populations qui ont des sinistres et qui réclament de l’argent aux assureurs. Car l’objectif est d’inciter les Sénégalais à avoir une meilleure perception de l’activité assurance. »

Selon les chiffres de l’OQSF, il y a 29 compagnies d’assurances au Sénégal qui constituent un chiffre d’affaires de 160,8 milliards FCFA au 31 décembre 2017. Et, « sur ces 160,8 milliards de chiffres d’affaires, les compagnies ont versé comme indemnisation 55 milliards aux populations. Mais toujours est-il que le taux d’inclusion, le taux de personnes qui ont une police d’assurance est toujours trop bas.

Momath Cissé, le vice-président de l’ASCOSEN, n’a pas manqué de donner quelques-unes des raisons de ces réticences. Il faut, a-t-il relevé, régler le problème de la durée entre le sinistre et l’encaissement. « Au moment de la signature du contrat, a-t-il détaillé, on vous le donne et vous le signez en deux minutes. Mais, en cas de sinistre, on a des problèmes de recouvrement. La stratégie mise en place par les assureurs est la suivante : Vous avez un sinistre, vous faites faire un constat. Après le constat, il faut faire appel à un expert. Celui-ci produit un document qui doit remonter au niveau de l’assurance, pour que vous soyez payé. Mais, on peut attendre plus de six mois pour rentrer dans sa prime d’assurance. Alors que, quand vous souscrivez à une prime d’assurance, vous payez tout de suite. Nous demandons à ce que ce délai soit réduit au maximum. »

Lors de l’atelier, les échanges ont également tourné autour des contraintes d’ordres sociaux, religieux, etc. « Il y a énormément de contraintes, a regretté Habib Ndao. D’abord, les produits et services ne sont pas très connus du public. Par exemple, la police habitation sinistre, incendie habitation, qui est une police tout à fait accessible, qui n’est pas très élevé sur le plan de la prime, qui est entre 18 mille et 50 mille FCFA. Rares sont les propriétaires de biens immobiliers qui souscrivent à une police d’assurance. En cas de sinistre, ils perdent l’ensemble de leurs biens, faute d’assurance. Il y a des considérations socioreligieuses qui font souvent dire aux gens ’’Yalla baxna’’ (Dieu est miséricordieux). »
L’OQSF compte mener une campagne de sensibilisation pour lever ces contraintes.

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