Pr Daouda Ndiaye, nouveau Conseiller spécial de l’Université de Harvard : « Désormais, l’Afrique aura son mot à dire »

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LUTTE CONTRE LE PALUDISME

Une grande victoire pour le Sénégal. Le Professeur Daouda Ndiaye, chercheur, titulaire agrégé de parasitologie et mycologie a été désigné Conseiller spécial de l’Université Harvard de Boston, aux Etats-Unis. Co-inventeur de « Illumigene Malaria », un dispositif de test ultra sensible qui a un pouvoir de détection absolu du paludisme en moins d’une heure, Daouda Ndiaye espère que sa nouvelle consécration permettra à l’Afrique d’être au cœur du dispositif de lutte contre la maladie parasitaire.

Professeur, vous venez de bénéficier d’une prestigieuse nomination par l’Université de Harvard. En quoi consistera votre nouvelle mission ?

Je viens d’accepter la proposition de Conseiller Spécial qui m’a été faite par l’ Université Harvard de Boston aux États-Unis. Ma mission consistera à proposer les meilleures stratégies en matière d’enseignement, d’innovations et de stratégies pour l’éradication du paludisme. En réalité, cette nomination est le fruit de plusieurs années de recherches dans le domaine du paludisme, en matière de génomique et d’épidémiologie par rapport à ce que nous eu à faire concernant ces tests de diagnostics qu’on appelle « Illumigene Malaria ».

Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?
C’est un honneur. Un plaisir immense. C’est vrai que j’ai étudié à l’Université de Harvard. C’est vrai qu’après plusieurs années et tout ce que nous avons eu à faire ensemble dans le cadre de la recherche, s’ils reconnaissent aujourd’hui le travail accompli, l’expertise et le mérite de tout ce que nous avons fait pour nous nommer à ce poste stratégique, un poste convoité par tous les chercheurs du monde, en matière de santé, de recherches, on ne peut que s’en réjouir et rendre grâce à Dieu de cette nomination qui n’est en réalité qu’une reconnaissance de l’expertise africaine, particulièrement sénégalaise. J’en suis très fier.

En quoi consistent concrètement les tests de diagnostics « Illumigene Malaria », que vous avez mis en place ?
C’est un ensemble de dispositifs que nous avons mis en place depuis une dizaine d’années, qui a été aujourd’hui sanctionné par cette reconnaissance mondiale qui fait de nous le premier africain à occuper ce poste privilégié. Illumigene Malaria est un test ultra sensible qui a un pouvoir de détection absolu pour tout parasite chez l’homme qui permet de pouvoir diagnostiquer convenablement la personne, d’éviter les faux négatifs, c’est à dire les personnes qui souffriraient de palu et dont les tests standard rendraient négatives. Illumigene a cette capacité de trouver n’importe quel parasite plasmodiale qui circule dans le sang humain et qui peut être responsable de paludisme soit à l’état de maladie soit en tant que réservoir parasitaire.

Qu’est-ce que l’Afrique gagne à travers cette nomination ?
Ce poste est important et stratégique pour l’Afrique parce que maintenant l’Afrique sera au cœur du dispositif en matière de décision stratégique. Nous serons là en termes de réflexion, de collaboration, de programme de recherche de lutte contre le paludisme. L’Afrique aura son mot à dire désormais. Aujourd’hui, nous avons la possibilité d’analyser ce que les décideurs et autres chercheurs vont nous proposer et voir les meilleures stratégies, programmes et plan en matière d’éradication du paludisme, partant des concepts connus jusqu’aux nouvelles technologies et innovations. Donc oui, on peut s’attendre à une amélioration des choses, à une révision des stratégies et des protocoles d’études, globalement à une autre politique de lutte contre le paludisme en Afrique.

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