Présidentielle au Cameroun : Paul Biya au banc des accusés de l’opposition

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INTERNATIONAL

La victoire de Paul Biya a la présidentielle camerounaise n’est pas du goût de l’opposition. Cette dernière dénonce un « hold-up électoral ».

Au pouvoir depuis 36 ans (1982), Paul Biya vient d’être réélu pour un septième mandat consécutif avec 71,28% des voix. Apres 36 ans au pouvoir, il devient le président le plus vieux du continent avec 85 ans. Si certains Camerounais semblent défavorables à Biya, les résultats disent le contraire même si, selon l’opposition, le scrutin a été entaché d’irrégularités. Celle-ci indexe le fait que l’élection s’est déroulée dans une atmosphère tendue dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest où les séparatistes anglophones avaient menacé de perturber le scrutin.

Deux jours avant l’annonce des résultats, le président Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale voisine avait félicité Paul Biya pour sa victoire, suscitant moult réactions de l’opposition qui se demande comment il a pu disposer des résultats avant leur publication. À Yaoundé et à Douala, les deux grandes villes du pays, la police anti-émeute a été déployée pour empêcher toute manifestation de l’opposition dont les complaintes n’ont encore aucun effet. Selon Jeune Afrique, le Conseil constitutionnel a estimé, lundi, que l’élection s’était tenue « dans la sérénité et le respect de la législation en vigueur », et qu’elle avait été « libre, transparente et paisible, malgré la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest du Sud-Ouest ». Il avait déjà estimé, vendredi 19 octobre, que les recours déposés par l’opposition, et notamment par le MRC et le SDF, n’étaient pas recevables.


Maurice Kamto, arrivé 2e derrière Paul Biya

L’opposition en générale, la MRC/CRM, avec sa tête de file, Maurice Kamto qui n’a obtenu que 14,2% des voix, a essayé de persuader le Conseil constitutionnel d’invalider l’élection dans sept régions du pays mais en vain. La Cour constitutionnelle du Cameroun a ainsi rejeté 18 pétitions appelant à l’invalidation de l’élection présidentielle du 7 octobre. La MRC/CRM a dénoncé des malversations ayant selon elle abouti à attribuer frauduleusement 1 327 000 voix à Paul Biya. Une quinzaine d’avocats, notamment Mes Emmanuel Simb, Akere Muna, Yondo Black, Abdou Bagui ou encore Michèle Ndoki, étaient mobilisée pour défendre la position du MRC et de son patron, qui refuse de reconnaître les résultats et continue de dénoncer « un règne sans fin, aveugle à son propre épuisement ».

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