QUAND L’AGENCE DE PRESSE SÉNÉGALAISE REVISITE LE CAHIER SOUVENIRS

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MÉDIAS

L’anniversaire de l’Union de la presse francophone (UPF), célébré ce samedi, 16 novembre, à la Maison de la presse, sur le thème « La presse d’Agence au Sénégal de 1960 à nos jours », a été riche en anecdotes. Dont celle racontée par le conférencier qui n’est autre que l’ancien rédacteur en chef de l’Agence de presse sénégalaise (APS), Cheikh Tidiane Ndiaye.

« Un fait s’est passé, et qui fait qu’on a eu davantage de considération pour l’APS. Les journalistes voyageaient mais ce n’était pas systématique. J’ai noté qu’on les a presque systématisés avec l’avènement du Président Wade. La première interview avec le président s’est faite au moment où il était en train de revoir la Constitution au Sénégal. Il nous avait donc demandé d’envoyer le protocole d’interview. On a envoyé des questions qui portaient uniquement sur son projet. Mais entre-temps, parce qu’on a eu mis du temps à se faire accepter, il a eu à licencier feu Amath Dansokho. C’était vraiment le premier couac de l’alternance. Et les gens se demandaient qu’est-ce qui c’était passé parce qu’ils étaient très (très) amis. Je pense que Dansokho fait partie des gens qui ont le plus œuvrer pour l’avènement de Wade au pouvoir. Mais il l’a limogé. Après deux renvois, Wade nous a reçus, Mamadou Koumé et moi. On a eu l’audace en tout cas de lui demander ce qui s’est passé avec le ministre qu’il a limogé. Et, il a sauté sur l’occasion pour nous dire ce qu’il y avait. On a fait cette dépêche, et elle a fait la Une de toute la presse. C’est à partir de là que Wade a senti que l’APS avait une force de frappe. A partir de là, il a commencé à nous associer à tous ses voyages ».

Stratégie de recrutement

Le recrutement des meilleurs sortants du CESTI constitue une des recettes qui ont fait de l’APS, la meilleure agence francophone, selon les résultats d’une étude menée par l’UNESCO, entre 2005 et 2006.

Ancien Directeur général de l’agence de 2000 à 2010, Mamadou Koumé revient sur une autre recette, celle de la rupture avec l’AFP, dont la production noyait le fil de l’APS : « Quand je suis venu je me suis dit que c’était un marché de dupe quelque part. L’APS payait une facture assez importante à l’AFP. Et l’APS n’avait pas beaucoup d’argent. Je me suis posé la question sur l’utilité de ce contrat. J’avoue que je n’en ai même pas parlé aux autorités. J’ai personnellement pris la décision de rompre. »

Aujourd’hui, les jeunes agenciers sont invités par les aînés à s’adapter aux défis : « L’APS comme toute agence digne de ce nom, doit conserver ses acquis tout en élevant son site aux exigences de l’heure. Rester crédible en matière d’informations, à privilégier la véracité au buzz ».

A ce propos, insiste le conférencier, au contact de ses confrères et doyens Mamadou Amath, Ibrahima Bakhoum et Saliou Traoré, qu’il a trouvés à l’APS, il dit avoir appris trois choses essentielles : « Le style d’écriture, la rigueur, et la synthèse ». Aujourd’hui, regrette Dié Maty Fall, journaliste au quotidien national, Le Soleil, « la chaîne de transmission s’est coupée ». Le triste constat fait, la professionnelle prie pour que « l’encadrement revienne dans les rédactions ».

La dépêche sur le limogeage d’Amath Dansokho

Le chef de l’Etat sénégalais, Maître Abdoulaye Wade, a expliqué avoir limogé jeudi du gouvernement, l’ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, M. Amath Dansokho, du fait que ce dernier a proféré des "menaces" et eu des "propos injurieux" à son égard. Le problème avec Dansokho ne réside pas dans le fait qu’il se soit exprimé, c’est "beaucoup plus grave", a dit le chef de l’Etat dans une interview exclusive accordée vendredi à l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), publiée en novembre 2000, au bout de huit mois de compagnonnage avec la première alternance.

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