REJET DE LA NOUVELLE CONSTITUTION : L’EFFET D’UNE BOMBE

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GAMBIE

En session depuis plus une semaine, les députés gambiens ont rejeté, ce mardi, en seconde lecture le projet de nouvelle constitution qui devait consacrer la IIIe République. Sur les 54 députés, seuls 31 ont voté pour, les 23 autres ont voté non alors que 42 votes étaient requis pour que le projet de nouvelle constitution soit promulgué. Le principal point d’achoppement est la rétroactivité ou non de la nouvelle loi fondamentale sur le mandat actuel du chef de L’Etat. Un rejet qui a eu l’effet d’une bombe pour l’opinion largement en faveur de la promulgation de la mouture.

Venu répondre aux interrogations et doutes de certains parlementaires, Dawda Jallow, le ministre gambien de la Justice avait pourtant prévenu : un rejet du projet en seconde lecture serait synonyme de mort de la future constitution. Mais contre toute attente, ce sont les députés transfuges qui ont rejoint la nouvelle formation du chef de l’Etat et ceux dont les leaders soutiennent le président, qui ont voté non.

Les parlementaires de l’APRC, parti fondé par Jammeh ont aussi désapprouvé la mouture. Au total, ils sont 23 parlementaires qui se sont prononcés contre le projet sur les 54 votants alors que 42 votes été requis pour promulguer la future loi fondamentale, conformément à l’article 226 de l’actuelle constitution. Les députés proches du chef de l’Etat avaient auparavant exprimé leur désapprobation sur le caractère non rétroactif de la loi sur l’actuel mandat du numéro un gambien.

Gâchis

Ce rejet a eu l’effet d’une bombe sur les réseaux sociaux. La société civile et l’opinion suivaient avec engouement les débats à l’Assemblée nationale. Pour Madi Jobaterh, figure de proue de la société civile, ce rejet est « une tragédie nationale ! » s’est-il indigné sur la toile. « La centaine de millions dépensés, les efforts fournis pendant deux ans n’auront été qu’un gâchis », s’est insurgé un autre membre de la société civile.

Un rejet mal accueilli également par les partenaires de développement du pays qui avaient exhorté les députes ce lundi via un communiqué conjoint, à promulguer le projet. Cette mouture rédigée au bout de 2 ans de consultations publiques à l’intérieur du pays comme dans la diaspora devait consacrer la IIIe République avec une démocratie renforcée. Elle prévoit entre autres une limitation stricte à deux le nombre de mandats présidentiels.

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