RETOUR DE YAHYA JAMMEH : LES VICTIMES MAINTIENNENT LA PRESSION SUR L’ÉTAT

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GAMBIE

Au lendemain de la sortie du ministre gambien de la Justice, Aboubacar Tambedou qui a averti, hier, que l’ex-président Yahya Jammeh serait « immédiatement mis aux arrêts » s’il foulait le sol gambien, les victimes, regroupées en association, réagissent. Lors d’une conférence de presse tenue ce lundi, elles ont salué la sortie du ministre, mais estiment que l’autorisation de manifester ne doit plus être accordée aux partisans de Jammeh. Mieux encore, l’association exhorte l’Etat à interdire, voire suspendre, momentanément les activités des soutiens politiques de Jammeh.

Trois ans après le départ de Yahya Jammeh du pouvoir, le traumatisme reste vivace chez les victimes de son régime. Celles-ci disent en avoir assez des moqueries de l’ex-parti au pouvoir comme cette veuve qui a fondu en larmes à la seule évocation d’un éventuel retour de l’ex-dictateur.

Comme réplique au « déni » et « provocations » des partisans de Jammeh, les victimes passent à la vitesse supérieure pour réclamer la suspension des activités de cette formation politique. Aisha Jammeh, victime et nièce de l’ex-dictateur, porte-parole du jour.

« Nous victimes recommandons l’interdiction ou la suspension des activités de l’APRC pour permettre à la Commission de réconciliation de terminer convenablement son mandat, a-t-elle exhorté. C’est dans l’intérêt du pays pour nous permettre de nous réconcilier en tant que peuple et nation ».

Confiance restaurée

En revanche, les victimes saluent la sortie du ministre de la Justice qui a averti que si Jammeh s’aventurait à rentrer, il serait « immédiatement poursuivi ». Pour Sheriff Kijera, président de l’association des victimes d’abus des droits humains c’est la confiance qui est restaurée chez les membres de son association. « L’association nationale des victimes du régime Jammeh salue la sortie du ministre de la Justice. Nous trouvons cette déclaration à la hauteur des attentes, rassurante et sincère. Le ministre a restauré l’espoir et la confiance chez nous. Jammeh et tous ses sherpas doivent être traduits devant la justice », souhaite-t-il.

Trois ans après la chute suivie de son départ exil, la Gambie est-elle réellement prête à organiser un procès contre l’ancien dirigeant ? Les victimes sont réalistes et estiment que des tribunaux internationaux peuvent lui offrir un procès équitable.

Les victimes promettent une démonstration de force samedi prochain dans une contre-manifestation pour maintenir la pression sur le gouvernement.

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