SAADET GÜLMEZ, L’AFRICAINE...!

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DIPLOMATIE

Les Turcs trouvent que les Sénégalais sont des gens sympathiques et conviviaux ! Lorsqu’ils visitent le Sénégal, ils en repartent enchantés et conquis, notamment par sa légendaire « terranga », autrement dit la qualité de l’accueil des hôtes. Proche des grands marchés européens, le pays a une position axiale qui le place au centre des grandes routes aériennes et maritimes qui le prédisposent à jouer des rôles premiers dans les échanges mondiaux.

Pour l’avoir compris, les entreprises turques cherchent des débouchés et voient dans le Sénégal une « grosse fenêtre d’opportunités » que pourraient lui envier bien des nations nettement plus avantagées par la nature. Une qui affiche son admiration sans borne pour le Sénégal n’est autre que Saadet Gülmez, charmante dame, élégante dans son port vestimentaire qui s’émerveille de l’entrecroisement des beautés : la mer, les plages, le soleil, les vents, les lieux, les situations et les hommes et les femmes. Ce Sénégal a tapé dans l’œil de Madame Gülmez, venue pour la première fois visiter notre pays en 2017 et depuis, elle ne tarit pas d’éloges.

Elle a étudié à l’Université francophone d’Istanbul puis a obtenu plus tard une licence à Strasbourg en France. De son séjour français, elle découvre l’eurocentrisme des médias occidentaux qui accordent trop peu d ‘intérêt à ce qui se passe ailleurs. Elle s’en étonne. Mais sa curiosité, ajoutée à sa passion de la langue française, elle s’aperçoit que l’Afrique est très peu traitée, d’où sa nette propension à dévorer les informations et les études consacrées au continent noir.

Elle mesure l’immensité de l’Afrique : plus de 30 millions de kilomètres carrés et 1,3 milliard d’habitants, dont en majorité de jeunes. Un marché potentiel, qui aiguise les appétits. Ce goût de l’apprentissage conduit Mme Gülmez au Département Afrique du DEIK, le Conseil turc des Relations économiques Etrangères, véritable laboratoire d’incubation et de prospection des marchés. Le premier contact de Mme Gülmez avec l’Afrique remonte à l’an 2016.

Selon elle, le continent est bien moins connu mais regorge de richesses également ignorées. Or, il y a plus de 20 ans que la Turquie s’intéresse à l’Afrique. Ankara ouvre des ambassades, dépêche des délégations qui sillonnent de part en part les nombreux pays qui forment des blocs relativement homogènes. La pluralité des langues parlées constitue une autre richesse, se plaît à souligner Mme Saadet Gülmez. Au gré de ses déplacements, elle adore humer l’air au dehors, rencontrer les populations et déambuler dans les rues des villes cosmopolites.

Les hommes d’affaires voyagent beaucoup en Afrique sous l’égide de DEIK qui met l’accent sur les exigences des acteurs turcs très portés vers les affaires de toute première qualité. Cette exigence repose aussi sur la solidité des marges, la rentabilité, l’efficacité des investissements, la pertinence des choix opérés et la valeur intrinsèque des hommes associés aux projets en tant que partenaires. Pas de doute, ces hommes existent sur le continent africain. Ils ont acquis de l’expérience.

Certains connaissent les arcanes de la finance mondiale. D’autres affichent des performances qui inspirent respect. Une décision d’investissement inclut plusieurs paramètres : bonne information, connaissance du marché, facteurs de succès, qualité du management, donc de la gouvernance, capacité d’innovation des sociétés et arguments de conviction.

Dans les temps anciens, les chefs d’entreprises africains étaient indexés pour la faible valorisation des ressources employées (capital financier et humain). A la limite, les Européens invoquaient cet aspect comme un repoussoir pour justifier le grand écart. Cette fausse idée, longtemps véhiculée, est battue en brèche par les brillantes affaires conclues aujourd’hui entre Turcs et Sénégalais, entre les mêmes Turcs et d’autres Africains de la diaspora ou du continent.

Le patronat turc, sous l’égide de DEIK se réjouit de la nouvelle race d’entrepreneurs, principalement des Sénégalais qui sont très avertis des montages complexes d’entreprises. Mme Gülmez connaît bien ce refrain. Elle tente de gommer les préjugés en privilégiant les contacts qui renseignent plus sur les hommes et les situations que les apriori souvent trompeurs et approximatifs.

Elle aime l’Afrique qu’elle fait aimer à ses compatriotes. En s’habillant à l’africaine, elle diffuse la culture africaine en Turquie qui considère désormais l’Afrique comme la « nouvelle frontière de l’expansion et de la prospérité économique. »

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