TAUX DE CROISSANCE À 2 CHIFFRES : DES ÉCONOMISTES ÉMETTENT DES RÉSERVES

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LR DU TEMPS

Un taux de croissance de 13,7% d’ici 2023. C’est la prévision du chef de l’Etat, exprimée, le 29 septembre dernier à Diamniadio, lors du Conseil présidentiel sur la relance de l’économie, fortement affectée par la pandémie du Covid-19. Très optimiste, Macky Sall disait ceci : « D’après nos projections, la mise en œuvre du PAP ll nous permettra de retrouver une croissance du Pib de l’ordre de 5,2% l’année prochaine, 2021(...). 7,2% en 2022 (...), et le plus important c’est en 2023, où, pour la première fois, le Sénégal va atteindre sa croissance à deux chiffres pour se projeter à 13,7%. Et cela est dû simplement à l’exploitation du pétrole et du gaz à partir de cette année ».

Invité à l’émission Lr du Temps, ce dimanche, l’économiste, Pr Moustapha Kassé émet des réserves sur ces prévisions. Pour lui, il ne suffit pas de faire des projections. Il faudrait décliner une stratégie claire qui permet d’arriver à l’objectif fixé. « Il existe des logiciels qui vous permettent d’avoir des images et des niveaux d’indicateurs que vous souhaitez et que vous voulez (...). Sur le PAP II, on nous dit qu’on le réussira après avoir fait les transformations structurelles de l’économie. Ce discours sort dans tous les documents du Plan Sénégal émergent. Alors que vous ne trouverez jamais le contenu de cette transformation structurelle. C’est une simple décoration. La transformation structurelle veut dire que vous modifiez systématiquement votre système économique dans l’ensemble. Deuxièmement, que vous voyiez exactement les contraintes qui bloquent le développement de l’économie. Ensuite vous voyez les acteurs. C’est à partir d’une analyse de tous ces éléments que vous vous fixez des objectifs très précis », a déclaré le doyen honoraire de la Faseg.

D’ailleurs, est-ce rassurant de compter sur les ressources naturelles du pétrole et du gaz pour fixer un taux de croissance à deux chiffres ? Le co débatteur de Pr Kassé, l’Enseignant – chercheur, Mor Gassama répond par la négative. Il appelle à la prudence. « On projette sur le pétrole et le gaz mais on n’a pas encore une idée sur comment vont évoluer les cours. Ces derniers peuvent augmenter comme ils peuvent drastiquement chuter. Tout dépendra de la situation du marché. Donc, il va falloir rester extrêmement prudent (...). En économie tout est lié. Vous pouvez commencer à exploiter. Si les cours ne vous permettent pas de gagner beaucoup quelque soit votre optimisme, vous n’allez pas réaliser grand chose », a-t-il fait savoir.

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