Un chef d’entreprise plumé par de "faux marabouts" de Idy et Tanor

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ESCROQUERIE

Chef d’entreprise basé au Gabon depuis 1975, B. Ndiaye vit des nuits sombres actuellement. Pour cause, des charlatans l’ont roulé dans la farine en lui soutirant le montant de 20 millions de francs CFA. Quid du modus opérandI qu’ils ont utilisé pour arriver à leurs fins ?

Dans le cadre de ses activités professionnelles, B. Ndiaye avait commencé à éprouver d’énormes difficultés. Lesquelles étaient en partie dues au non-paiement des créances qu’il détenait vis-à-vis de l’Etat gabonais, son principal client et de particuliers. C’est sur ces entrefaites que son fils Kh. Ndiaye lui a proposé, au cours d’une discussion de rencontrer un de ses « amis » nommé Kh. Sall, qu’il présentait comme étant un grand marabout et en qui il avait beaucoup confiance. Kh. Sall leur propose, à son tour, d’aller voir celui qu’il a présenté comme étant son maître et chef spirituel, habitant à Thiès au quartier Falaye Baldé, qui se nomme Serigne Th. I. Sy.

La promesse du marché de 11 milliardaires

Ce dernier est présenté par Kh. Sall comme étant l’auteur de la réussite de plusieurs personnalités politiques et du monde des affaires dont Monsieur Bara TALL (qu’il aurait aidé à faire gagner son procès contre l’Etat du Sénégal), de Monsieur Ousmane Tanor Dieng, de Monsieur Idrissa Seck et bien d’autres personnalités bien connus. Au rendez-vous, Th. I. Sy fait croire au chef d’entreprise qu’après le travail qu’il allait faire, son activité allait rayonner dans toute la sous-région. Il lui promit un délai de 40 jours pour réaliser sa prophétie.

Pour commencer, le marabout prétend qu’il devait opérer une séance de « désenvoutement ». Laquelle consistait à poser un « layo » (plat en rotin) qu’il a posé sur une calebasse contenant de l’eau à moitié pleine. Après quelques incantations, l’individu lui a sorti un cadenas bien rouillé avec des fils de fer, des cauris et du fil nylon noué tout autour du cadenas et d’autres objets. Profitant de cette séance, le marabout lui a promis qu’il allait être l’adjudicataire d’un marché de 11 milliards CFA pour lequel son entreprise avait soumissionné au Gabon. Il ajoutait que ce travail ne devait pas être simple en ce sens qu’il devait se faire assister par d’autres marabouts qui devaient venir du Mali, du Sénégal oriental, de la Casamance et du Saloum. Le charlatan lui remit sur ces entrefaites des potions avec lesquelles B. Ndiaye devait se laver plusieurs fois. Au 3eme jour de ces bains mystiques, le marabout lui apprit que tous ses assistants étaient arrivés et qu’ils avaient commencé le travail. Pour les dépenses d’entretiens de ses hôtes et pour l’achat de produits, le charlatan lui réclamait un peu plus de 4 000 000 F CFA que Balla Ndiaye lui avait remis. Quelques jours après ce rendez-vous, le charlatan lui avait demandé de revenir pour l’accompagner au pied d’un « baobab spécial » sous lequel il devait faire un bain rituel.

Le chiffre 6 et les djinns

Sur ce, il lui dit que le chiffre que les djinns avaient fourni était un « 6 ». Ce qui signifiait : 60, 600, ou 6000. Il lui fallait donc débourser la somme de 60 millions de francs, avant qu’ils ne puissent clôturer le travail que les marabouts avaient entamé.

B. Ndiaye refuse alors de verser le montant réclamé par le marabout et décide d’arrêter cette opération. Mais, ce dernier lui a fait savoir que s’il ne versait pas ce montant, il lui arriverait un grand malheur. Car, les Djinns tueraient 3 de ses enfants dont Kh. Ndiaye. Sous l’emprise de la peur, le chef d’entreprise verse 3 millions de francs CFA pour les calmer. Mais, c’était sans compter sur la détermination des deux charlatans qui voulaient coûte que coûte se faire payer les 66 millions demandés. Il finit par leur verser la somme de 23 250 000 FCFA. Malgré tout, ils exigeaient encore le paiement de la somme reliquataire pour couvrir les 66 millions de francs réclamés, alors que les 40 jours de délais approchaient. Conscient désormais qu’il était victime d’une arnaque, B. Ndiaye a déposé une plainte. Les deux charlatans sont arrêtés. Dans un premier temps, ils nient les faits qui leurs sont reprochés. Interrogé au fond, Kh. Sall contestait les faits en déclarant avoir prêté la somme de 66 millions de francs CFA à B. Ndiaye et ce dernier lui avait remboursé une partie de la somme par virement bancaire. Pour sa part, Th. I. Sy a nié les faits avant de reconnaitre avoir reçu près de 5 millions de francs CFA des mains de B. Ndiaye. Inculpés, les deux charlatans croupissent présentement à la maison d’arrêt de Rebeuss. Ils seront jugés le 14 mars 2019 au tribunal correctionnel de Dakar.

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