Un collaborateur du président de l’Assemblée nationale du Niger parmi les personnes arrêtées à Bissau

news-details
TRAFIC DE DROGUE

Un collaborateur du président de l’Assemblée nationale du Niger fait partie des quatre personnes arrêtées le week-end dernier lors d’une saisie record de cocaïne à Bissau, et deux Maliens et un Bissau-Guinéen étaient toujours recherchés mardi, a annoncé la police judiciaire de Guinée-Bissau.

La police bissau-guinéenne a saisi dans la nuit du 9 au 10 mars près de 800 kg de cocaïne dissimulés dans un camion immatriculé au Sénégal, la plus grande prise de drogue dans le pays depuis au moins 12 ans, selon des sources policières. Les stupéfiants avaient pour destination le nord du Mali, a précisé mardi la police judiciaire.

Quatre suspects - deux Nigériens, un Sénégalais et un Bissau-Guinéen - ont été arrêtés à la suite de cette saisie à la sortie nord de la capitale, Bissau.

"Mohamed Sidy Ahmed, un conseiller spécial du président de l’Assemblée nationale du Niger", Ousseini Tinni, "figure parmi les personnes arrêtées", a déclaré à la presse le directeur adjoint de la police judiciaire, Domingos Monteiro Correia.

"Le Sénégalais arrêté était le chauffeur du camion frigorifique qui contenait la cocaïne. Deux Maliens sont recherchés", ainsi qu’un "capitaine de l’armée bissau-guinéenne", considéré comme "suspect", a dit M. Monteiro. L’identité du second Nigérien et du Bissau-Guinéen interpellés n’a pas été dévoilée.

"La drogue avait pour destination Gao", plus grande ville du nord du Mali où sévissent toujours des jihadistes, qui ont contrôlé à partir de 2012 cette région avant d’en être chassés par une opération militaire conduite par la France et toujours en cours.

La cocaïne a été convoyée à l’approche des législatives du 10 mars en Guinée-Bissau, "une méthode utilisée" pour détourner "l’attention de la police, qui suivait cette affaire depuis novembre grâce à la contribution des organismes de police étrangers et la police britannique, qui a joué un rôle décisif", a dit M. Monteiro.

Cette saisie a eu lieu quelques heures avant les législatives dans ce pays d’Afrique de l’Ouest où l’instabilité et la pauvreté ont favorisé l’implantation de trafiquants de drogue sous la protection de hauts gradés.

La drogue était répartie en une soixantaine de plaques, pour un poids total de 789 kg, a indiqué à l’AFP sous le couvert de l’anonymat un policier présent au moment de la saisie, affirmant que la police avait été alertée depuis novembre par Interpol.

Il s’agit de la plus grande saisie de ce type depuis celle de quelque 700 kg de cocaïne pure dans une villa à la périphérie de Bissau il y a une douzaine d’années.

L’ONU a salué ces dernières années les progrès réalisés dans la lutte contre le narcotrafic depuis les élections de 2014. Mais elle a regretté en décembre que depuis avril 2018, date de la désignation d’un gouvernement de consensus, la volonté des autorités en la matière se soit "peu affermie".

Vous pouvez réagir à cet article