Présidence - Mairie, l’inévitable cohabitation

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DÉFI DE L’ORGANISATION

Plus qu’une pose anodine, l’image qui a très vite fait le tour du web sénégalais pourrait poser les jalons de ce que seront les Jeux Olympiques de la Jeunesse en 2022.

Le Chef de l’Etat du Sénégal Macky Sall et la nouvelle élue Maire de Dakar, Soham El Wardini, un homme et une femme de deux tendances politiques opposées, ont posé, tout sourire, à côté de Thomas Bach (à l’horizon 2020, le CIO envisage une stricte parité aux JO, faisant de la parité un enjeu incontournable dans le sport), tout puissant président du CIO et de Mamadou Diagna Ndiaye, son pendant au niveau national. L’image est symbolique à plus d’un titre et devrait servir, au-delà des clivages politiques, à donner le ton de ce que sera Dakar 2022. Si cela n’avait été que pour une question de mixité si chère à Thomas Bach, il n’y aurait presque pas de souci à se faire tant le Sénégal a depuis longtemps accordé une place non négligeable à la femme dans la gestion et la pratique sportive. Mais, dans un pays qui n’est pas habitué à organiser des événements sportifs d’envergure (Une Coupe d’Afrique des Nations de football en 1992 et huit Championnats d’Afrique de basket-ball masculin et féminin, en 58 ans d’indépendance), il est naturel que des craintes légitimes soient nourries quand on envisage la tenue des Jeux Olympiques, fussent-ils de la Jeunesse. Le principal défi sera celui de l’organisation, celui qui permettra aux organisateurs de décerner un satisfecit au Sénégal et d’envisager dans la foulée l’éventualité de revenir sur le sol africain pour un autre événement. Pour ce faire, il faudrait déjà tuer dans l’œuf les germes d’une querelle naissante sur fond de tension politique entre l’Etat central et la Municipalité de Dakar dont les partisans de chaque camp n’ont pas tardé à se crêper le chignon pour réclamer les retombées politico-médiatique de l’annonce de Buenos Aires. Au-delà du désaccord politique qui peut opposer les différents dont on ne sait même pas qui occupera quelle position en 2022, il est urgent de taire toute forme d’animosité quand il faudra désigner les contours de Dakar 2022, allant de la mise sur pied de l’équipe chargée de l’organisation à la définition des grandes lignes de celle-ci en passant par les orientations budgétaires, le tout sous la supervision et l’implication du Comité olympique national. Le sport arrivant très souvent à surfer au-dessus des clivages politiques - il suffit de voir la composition de la plupart des fédérations où plusieurs tendances politiques se côtoient sans que cela ne se ressente dans le fonctionnement -, il y a à espérer que les différents acteurs sauront garder leurs coups dans l’arène politique pour se réunir autour de l’essentiel. Comme sur la photo…

Sur ce lien, retrouvez notre article sur le défi des infrastructures.

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