1 800 ENFANTS AFRICAINS CONCERNÉS

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JOURNEE INTER. DES PERSONNES DISPARUES

Sur 48 000 cas de personnes disparues, 1 800 enfants africains ont été enregistrés comme mineurs non accompagnés, d’après les statistiques obtenues par Emedia.sn auprès du bureau local du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Toutefois, ces chiffres ne représentent qu’une fraction d’une tragédie humanitaire plus vaste et non documentée, précise l’antenne à Emedia. Par ailleurs, en Afrique, la disparition de personnes est l’une des conséquences humanitaires des conflits armés, autres situations de violence et migration, les plus dommageables et les plus persistantes, selon les conclusions d’un nouveau rapport publié par Institut d’Études et de Sécurité (ISS) et le CICR. Le Nigeria est le pays qui compte le plus grand nombre de cas de disparition, avec plus de 24 000 cas, suivi du Sud-Soudan avec 5 300 cas et de la Somalie avec 4 300 cas. Il y a près de 2 800 cas en Éthiopie et plus de 2 500 cas en RDC. Entretien !



Migrants et autres personnes disparues en Afrique. Parlons-en !" est le thème de la journée internationale des personnes disparues en 2021. Quelle est la situation, aujourd’hui ?

La Journée internationale des personnes disparues nous rappelle que derrière chaque personne disparue, il y a une famille qui cherche un être cher. Les familles de personnes disparues souffrent de l’angoisse, et de l’incertitude de ne pas savoir ce qu’il est advenu de leurs proches et se débattent avec les défis administratifs, juridiques et économiques directement liés au fait que leur parent soit disparu, surtout si le statut juridique de la personne disparue n’est pas reconnu dans leur pays.


Durant le premier semestre 2021, 300 demandes de recherches ont été ouvertes par des familles auprès du@CICR Afrique. Des chiffres qui concernent le Burkina Faso. Ont-ils évolué ? Et quels sont les chiffres globaux ?

Les chiffres du Burkina Faso n’ont pas évolué. Voici les chiffres pour l’Afrique. A ce jour, 48 000 cas de personnes disparues ont été enregistrés par le CICR en collaboration avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en Afrique. Au cours de la même période, plus de 4 300 personnes disparues ont été localisées. En outre, près de 1 800 enfants africains ont été enregistrés comme mineurs non accompagnés, et près de 800 enfants ont été réunis avec leur famille. Ces chiffres ne représentent qu’une fraction d’une tragédie humanitaire plus vaste et non documentée. En Afrique, la disparition de personnes est l’une des conséquences humanitaires des conflits armés, d’autres situations de violence et migration, les plus dommageables et les plus persistantes, selon les conclusions d’un nouveau rapport publié par l’Institut d’Etudes et de Sécurité (ISS) et le CICR. Le Nigeria est le pays qui compte le plus grand nombre de cas de disparition, avec plus de 24 000 cas, suivi du Sud-Soudan avec 5 300 cas et de la Somalie avec 4300 cas. Il y a près de 2 800 cas en Éthiopie et plus de 2 500 cas en RDC.

Qu’est-ce que les proches ont le droit de savoir ?

Des efforts continus sont nécessaires pour éviter les disparitions, rechercher les personnes disparues et fournir des informations sur leur sort et leur localisation à leurs familles. Les familles doivent se trouver au centre des efforts déployés pour adresser la question des personnes disparues. Leur droit et leur besoin de connaître le sort de leurs proches et l’endroit où ils se trouvent doit être au cœur des processus de recherche. Les autorités doivent soutenir les familles, répondre à leurs besoins et veiller à ce que les cadres institutionnels et juridiques permettent une évaluation et une réponse individualisées.

La journée est-elle uniquement dédiée aux migrants ?

Cette journée est dédiée à toutes les personnes disparues.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans vos activités ? Quel message voulez-vous lancer ?

Le travail de rétablissement des liens familiaux n’a jamais été simple. Il s’agit notamment de prévenir la rupture des liens familiaux et de rétablir et maintenir les liens entre les membres de familles séparées ; ainsi que de collecter et centraliser les informations sur les personnes disparues. Les autorités doivent envisager la mise en place des mécanismes nationaux pour les personnes disparues. En tant qu’ex-parties au conflit, les autorités doivent envisager de mettre en place des mécanismes de coordination afin de s’acquitter de l’obligation qui leur incombe, en vertu du DIH, de clarifier le sort des personnes portées disparues en raison d’un conflit armé et le lieu où elles se trouvent.

Les autorités doivent inclure la question des personnes disparues dans les processus de justice, vérité et réconciliation. La politique de justice transitionnelle de l’UA (Union africaine) est un document d’orientation essentiel. En outre, il est important d’assurer la complémentarité entre les processus de justice transitionnelle et tout autre mécanisme mis en place pour clarifier le sort des personnes disparues et le lieu où elles se trouvent, afin de garantir des réponses individualisées et un soutien approprié aux familles.

A l’attention de toute personne à la recherche d’un membre de famille : vous pouvez contacter le CICR ou le bureau local de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge le plus proche sur le site Family Links pour obtenir plus d’informations sur la manière d’enregistrer votre proche comme disparu. Vous pouvez également consulter notre plateforme en ligne Trace the Face pour voir si votre famille vous recherche sur la route migratoire vers l’Europe ou la route migratoire vers l’Afrique du Sud.

Au Sénégal, derrière chaque migrant porté disparu, il y a une famille vivant avec la douleur de l’incertitude. Ces familles n’arrêteront pas de chercher leurs proches.

533 demandes de recherche de personnes disparues suite la migration sont ouvertes, à ce jour.

Depuis 2015, au moins 399 familles de migrants portés disparus ont bénéficié de différentes formes de soutiens y compris un accompagnement psychosocial.

Le temps ne guérit pas les blessures des familles de personnes disparues, seules les réponses le font. La recherche active d’êtres chers disparus peut se poursuivre pendant des décennies. Dans de nombreux pays, le CICR travaille avec les familles pour rechercher les personnes disparues et pour soutenir les familles pour lesquelles l’impact de cette disparition affecte leur santé mentale, leurs revenus et leur sécurité. Des évaluations des besoins des familles sont actuellement menées au Zimbabwe, en République centrafricaine, au Sud-Soudan et au Niger, entre autres.

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