100e ANNIVERSAIRE - AMADOU MAHTAR MBOW, L’HOMME DE CULTURE

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HOMMAGE

Homme à multiples casquettes, Amadou Mahtar M’bow fut scout, combattant, enseignant, député, opposant, ministre de l’Education nationale, puis de la Culture et de la Jeunesse du Sénégal. Il deviendra, par la suite, le premier africain à diriger l’Unesco. Amadou Mahtar M’bow, ou le patriarche comme on le surnomme, aura traversé son époque avec dignité et grandeur, en portant au plus haut les droits et les valeurs culturels de ceux que l’on a toujours ravalé au second rang.

Amadou Mahtar M’bow est né le 20 mars 1921 à Dakar. En 1930, il fréquente l’école coloniale mais aussi l’école coranique. À seulement 18 ans, il s’engage volontairement dans l’armée de l’air française pour la seconde guerre mondiale. Il est démobilisé en 1945. Amadou Mahtar M’bow suit des études en aéronautique avant de passer son baccalauréat en lettre moderne. L’historien réussit à intégrer une université de prestige, la Sorbonne pour décrocher une licence.

Le parcours exemplaire du professeur Amadou Mahtar M’bow s’inscrit dans une période marquée par d’importants changements historiques en Afrique et dans le monde. Amadou Mahtar Mbow définit sa ligne de défense : un combat politique, idéologique mais aussi culturel.

Cet élan révolutionnaire de la diaspora, Amadou Mahtar Mbow, l’emporte dans ses valises pour revenir servir son pays et se battre pour son indépendance Amadou Mahtar M’Bow revient rapidement en Afrique. Dès son retour en 1951, il est nommé professeur au collège de Rosso, en Mauritanie. Sa vie de combattant pour le Sénégal démarre en 1955 quand il adhère au Bloc Démocratique Sénégalais (BDS). Amadou Mahtar M’Bow devient le premier ministre sénégalais de l’éducation, en 1957 alors que le pays est toujours sous tutelle coloniale française.

Souhaitant l’indépendance immédiate, il vote « Non » au projet constitutionnel proposé par De Gaulle en septembre 1958. Son poste de ministre il le quittera en 1958 c’est à dire juste une année après sa nomination pour s’engager pleinement dans la lutte pour l’indépendance de son pays. En 1966, M’Bow est nommé ministre de l’éducation. C’est lui qui doit gérer la crise de mai 1968. Il change alors de ministère et devient ministre de la culture, jusqu’en 1970.

Parallèlement à sa vie politique, Amadou Mahtar M’Bow mène une carrière de haut fonctionnaire international. En 1974, M’Bow, soutenu par l’OUA, est nommé à la tête de l’UNESCO en remplacement du français René Maheu. Il devient le premier représentant de ce que l’on appelle « le Tiers-monde » à accéder à de telles fonctions. Cela lui vaut plusieurs inimitiés et une campagne raciste dans la presse française. Il réalise un deuxième mandat à la tête de l’UNESCO, jusqu’en 1987.

Éternel combattant Amadou Mahtar M’Bow revient dans le jeu politique sénégalais à la fin des années 2000 pour s’opposer au troisième mandat d’Abdoulaye Wade. Reconnu pour son rôle de doyen. Le patriarche Amadou Mahtar M’Bow est et restera pour tous un exemple de sagesse et d’engagement aux côtés de son peuple, et aura fait entendre la voix et l’âme de l’Afrique à travers le monde.

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