15 ANS DE RÉCLUSION CRIMINELLE REQUIS CONTRE AÏDA SAGNA, PRÉSUMÉE TERRORISTE

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TERRORISME

Arrêtée en 2016 par les autorités libyennes à l’issu d’un bombardement à Sabratha, Aida Sagna, épouse du présumé djihadiste Lamine Ndiaye, a été rapatriée au Sénégal en 2018. Poursuivie pour acte de terrorisme par association de malfaiteurs, association de malfaiteurs avec une entreprise terroriste, affiliation à une entreprise terroriste, elle a comparu devant le prétoire, ce mardi, en battant en brèche toutes les accusations portées contre sa personne.

Surveillante dans une école privée, Aida Sagna, mère de deux enfants (un jeune homme de 22 ans et une fille de 23 ans) a déclaré, devant les juges, qu’elle était en Libye pour se soigner. Elle devait, selon ses dires, subir une opération chirurgicale. A l’en croire, si elle a pu réaliser ce voyage c’est grâce à son ami Mariama Baldé qui l’a mise en rapport avec Youssoupha. Qui a pris en charge tous ses frais médicaux. Poursuivant ses explications, elle dit avoir voyagé par voie terrestre alors que son époux était au Sénégal. Seulement, elle a été incapable de prouver qu’elle souffre d’une quelconque maladie. Même si elle a soutenu, avec persistance, que ses documents médicaux sont avec les policiers.

A la question de savoir pourquoi elle a été arrêtée en Libye, elle rétorque : « c’est parce que j’étais sur les lieux de bombardement à Sabratha ». Avant de s’empresser à préciser : « Je n’ai jamais vu de kalachnikov, ni de ceinture explosive. Je n’ai fait que 2 ou 3 mois en Libye ».

Le fils de l’accusée mouille son beau-père

Le fils de l’accusée a été entendu à titre de simple renseignement. Ousmane Badiane, puisque c’est de lui dont il s’agit a reconnu que sa mère souffrait mais il ignorait sa maladie. Toutefois, il lui avait conseillée d’aller voir un médecin pour se soigner. Mais, celle-ci lui avait dit qu’elle allait voyager pour se faire soigner. En ce qui concerne son beau-père, Lamine Ndiaye, il affirme l’avoir rencontré chez sa mère une fois, mais le comportement de ce dernier ne l’inspirait pas. « Il était un peu bizarre », a expliqué le fils de l’accusée qui ajoute que son beau-père est le responsable de tout ce que sa mère est en train de vivre. Justifiant ses accusations, il révèle : « ma mère a commencé à porter la burqa quand elle l’a épousé. Il a mis des idées djihadistes dans sa tête. Il l’avait séparée de sa famille. A un moment donné, nous avions pensé qu’elle s’était faite exploser en kamikaze en Libye parce que ce sont des rumeurs qui circulaient », a expliqué le témoin.

Invité à faire son réquisitoire, le parquet a soutenu que les faits imputés à l’accusée ne souffrent d’aucune contestation. De l’avis du procureur, elle a été arrêtée parce qu’elle a été dans le bastion des terroristes en Libye. Mieux, l’enquête a révélé qu’elle et son mari avaient voyagé dans la plus grande discrétion pour faire le djihad. « Sa présence dans la ville de Sabratha n’est pas fortuite. Car, celle-ci était un bastion de l’État islamique. Et elle a été interpellée là-bas par les autorités Libyenne à l’issue d’un bombardement. Elle a participé à l’établissement d’une antenne, elle a apporté son soutien aux entités djihadistes », a expliqué le parquet qui a requis 15 ans de réclusion criminelle contre elle.

Un réquisitoire jugé trop sévère par les avocats de la défense. Pour Me Assane Dioma Ndiaye, il n’y a aucun élément matériel attestant la culpabilité de sa cliente. Cette dernière, renseigne l’avocat, est victime de la société et d’un homme. « C’est la solidarité islamique qui l’a poussé à aller en Libye. Puisqu’elle avait entendu que tout était gratuit là-bas parce que Kadhafi avait soutenu que tout aller être payé par les ressources du pétrole. La preuve, elle a été soignée là-bas », a fait savoir le conseil de la défense qui sollicite l’acquittement pur et simplement. Mais, le juge après avoir écouté les différentes parties, a mis l’affaire en délibéré jusqu’au 29 avril prochain.

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