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20 ANS REQUIS CONTRE CHEIKH SOW POUR LE MEURTRE DE SON COUSIN

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20 ans de réclusion criminelle, c’est la peine qu’encourt l’accusé, Cheikh Sow. Il a été attrait à la barre de la chambre criminelle de Dakar, ce mercredi, pour répondre des faits d’assassinat. Il ressort des débats d’audience que le 3 avril 2017, les éléments de la police de Rebeuss ont été informés qu’une personne venait de recevoir des coups de couteau. Sans perdre de temps, les limiers se sont rendus sur les lieux où ils ont retrouvé la victime baignant dans une mare de sang. C’est sur ces entrefaites que le sieur Cheikh Sow a été arrêté avant d’être conduit dans les locaux du commissariat de Rebeuss. Quant à la victime, elle a rendu l’âme au cours de son évacuation dans une structure sanitaire.

L’enquête confiée à la sûreté urbaine a permis de savoir que tout est parti d’une altercation entre l’accusé et la victime. Cheikh Sow reprochait à son cousin d’avoir volé le mouton de sa mère. « Lors de notre altercation, le gars m’a donné un coup de tête et mes lèvres se sont fendues. Les gens l’ont pris et l’ont enfermé quelque part. Je suis entré dans une chambre en vue de me procurer un couteau et par la suite je l’attendais dehors. Et c’est lorsque la victime est sortie de l’une des chambres de la maison que je lui ai asséné un coup de couteau mortel sur le thorax », a confié le mis en cause aux éléments enquêteurs.

L’un des témoins, en l’occurrence Pape Gérard Diakhaté, depuis les toilettes où il se trouvait, a entendu la victime qui criait le nom de l’accusé en révélant que celui-ci l’avait poignardé. À sa sortie, il a vu qu’effectivement que le défunt était accolé à l’accusé. Celui-ci détenait un couteau avec une poitrine ensanglantée.

L’avocat général requiert 20 ans de réclusion criminelle

Il sera confirmé dans ses propos par la femme de la victime. « Ivre, l’accusé nous disait que c’est nous qui avions comploté pour voler le mouton de sa maman. Il s’en est suivi un échange de propos aigres doux entre mon mari et le mis en cause. Ce dernier a juré sur tous les saints qu’il allait tuer mon mari. Muni d’un couteau, il l’a donc poignardé », a dit la dame.

Attrait à la barre de la chambre criminelle de Dakar, ce matin, l’accusé a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Pour se tirer d’affaire, il a confié au juge qu’il n’a jamais tué son cousin qu’il considère comme son propre fils. Mais ses déclarations n’ont pas convaincu le maître des poursuites. « L’arme a été mise sous scellée. Il faut retenir qu’il y a eu assassinat puisque le couteau a été pris entre ses mains au moment des faits. Pis, il a visé et atteint une partie sensible du corps, le thorax. Et, il ne peut pas venir aujourd’hui nous dire qu’il ne sait pas qui a tué la victime. On ne peut pas retenir la provocation encore moins les coups mortels parce qu’il a fomenté son coup en criant urbi et orbi qu’il allait le tuer », a souligné l’avocat général.

Sur ce, il a sollicité 20 ans de réclusion criminelle à son encontre avant d’ordonner la confiscation de l’arme saisie. Prenant la parole en dernier, la défense a certes reconnu la bagarre mais, elle soutient que leur client n’avait guère l’intention de donner la mort. C’est ainsi que les robes noires ont plaidé pour une application bienveillante de la loi pénale. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 1 décembre prochain.

Cheikh Moussa SARR

17 novembre 2021