2019, DANS LE VISEUR DES PHOTOGRAPHES DE PRESSE...

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RÉTRO 2019

Dans le cadre de la rétrospective des évènements saillants de l’année, Emedia.sn donne la parole à ceux qui la prennent rarement. Eux, s’expriment à travers un zoom, un objectif, un flash et un clic. Largement suffisant pour immortaliser un moment et rapporter par l’image ce que mille mots disent. Ce sont les photographes. Des photographes de presse nous racontent ainsi chacun, l’image qui l’aura davantage marqué durant cette année. Nous démarrons avec Boubacar Badji, photographe de Seneplus.com


LA PHOTO

LE CONTEXTE
« En une année je ne saurais compter le nombre de clics exercés par mon index sur le déclencheur de mon boitier. Mais, près de 12 mois plus tard, je ressens les mêmes frissons à chaque fois que je tombe sur cette photo. C’était le 03 janvier 2019 dans la commune de Vélingara. Des hommes et femmes soucieux d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants ont, avec l’aide des responsables de l’établissement scolaire, réussi à ériger trois (3) abris provisoires dans l’enceinte d’une école qui ne disposait pas de suffisamment de salles de classe pour accueillir tous ces "petits génies" qui viennent de réussir à l’examen d’entrée en sixième. Peu importe le confort. Pour les parents, l’essentiel est de permettre à leurs enfants d’aller à l’école. Et pour ces élèves, motivés au quotidien par l’engagement sans faille d’un corps professoral déterminé, l’objectif était déjà fixé : Réussir dans les études. »

L’IMPRESSION

« A l’entrée de ces abris provisoires, j’ai été agréablement surpris par le détermination de ces enfants à conquérir le savoir. Les yeux rivés sur des tableaux aux milles et une troues, ils ont fini par apprivoiser un vent survolté et des rayons ultra-violents que les abris ne pouvaient contenir. Voilà ce que j’ai voulu partager en ayant l’œil collé au viseur de mon appareil. Mais malheureusement, la retranscription en image de cet engagement, afin d’offrir une chance à ces élèves dans un pays où les chances sont inégalement réparties, a été lue par des gens qui ne savaient que contempler une photo. Amenant sur le coup, l’Etat à mettre la pression sur l’administration de l’école en menaçant de radiation certains de ses membres. Heureusement qu’à la fin, ils ont compris que "mes prises de vues ne sont pas faites pour être contemplées. Je les réalise pour qu’elles soient écoutées" ».

LA SUITE
« Quelques mois plus tard, la même photo a été primée dans un concours international sur l’éducation en Afrique de l’ouest. Ma joie était immense non pas parce que ma photo a été primée, mais parce que le troisième lauréat de ce concours était un de mes étudiants. Une joie de courte durée, Biggy. Je garde toujours jalousement ces moments vécus à tes cotés. Abdoulaye Touré, repose en paix. »

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