3E VAGUE : « SEPT JEUNES ENTRE 32 ET 42 ANS SONT DÉCÉDÉS À SUMA ASSISTANCE »

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JURY DU DIMANCHE

Le spécialiste des Urgences et Médecin-chef à Suma Assistance, Dr Babacar Niang, confirme la présidente du Comité national de gestion des épidémies (CNGE), Dre Marie Khémesse Ngom Ndiaye, sur les dégâts du variant Delta chez les jeunes. Rien qu’à Suma Assistance, des jeunes de 32-42 ans sont intubés et ventilés, a révélé l’invité du Jury du dimanche (JDD), ce 1 août. Pire, "on a transféré, (mais) il y a un jour, on en a perdu sept, trois dans la nuit et quatre dans la journée", a-t-il déploré.

« LE VIRUS S’EN PREND AUX POUMONS »

Poursuivant, il a souligné, documents à l’appui, qu’un "scanner pulmonaire est déterminant maintenant pour tous les diagnostics." Sur ce point, a-t-il relevé : "les jeunes qu’on perd, c’est 50%, très vite, on voit absence de foyer pulmonaire. On fait tomber, (dans le protocole), trois antibiotiques, résultat, 10 jours après, 12% de lésions au niveau des poumons. Donc l’antibiotique n’a servi à rien." D’ailleurs, "si l’antibiotique marchait, deux suffiraient", a-t-il souligné.

Comment le virus Delta évolue dans les poumons

D’après son diagnostic, "le virus s’attaque aux poumons parce que c’est là où il trouve tout ce qu’il lui faut ; il y a de l’oxygène pour vivre, du sang qui amène des nutriments. Donc, il s’installe là." Il s’agira alors de l’y déloger. Seul bémol, a-t-il soutenu : "le délogement qu’on a actuellement et qui est le plus efficace, c’est votre système immunitaire. Il faut qu’on vous aide avec des vitamines, et avec de la bonne nourriture. Malheureusement, on ne mange pas quand on est malade. Je suis resté trois jours sans manger, rien ne rentrait, même l’eau avait un goût infecte. Les médecins sont en train de trouver des bains de bouche pour arriver à vous rendre (le goût)".


LE VARIANT DELTA ATTAQUE AU MOINS 6 PERSONNES

Doutant de la stratégie de riposte du Sénégal, il a souligné que Suma Assistance est passé de sept lits, depuis la première vague, à 37, aujourd’hui. "La demande vient de partout, a-t-il alerté. Hier, on était à Sabadola, par avion, pour aller chercher un malade qui, malheureusement, a trop attendu."
"Pour les vaccins, on est en période d’essai thérapeutique", a-t-il martelé
D’où son appel à l’endroit des Sénégalais à "être conscients" du danger. "En tant que médecins, on est dedans. On bondit et on rebondit. Parce que ça finit, ça recommence, c’est revenu (avec) Delta. Il faut les moyens, il faut du temps et il faut aussi les gens. On tient à remercier le personnel médical, on n’a vu personne reculer" alors que nombre d’entre eux ont chopé le virus et certains meurent.

Interrogé sur la 3e vague, il a soutenu que "le vaccin n’a pas pris le temps qu’il faut". "La vérité, a-t-il clos, reprenant l’avertissement du Khalife général des Tidiane, Serigne Babacar SY Mansour, c’est de dire qu’il n’y a pas de traitement, protégez-vous. Si le vaccin est efficace, prenez-le. Et qu’on arrête pour un seul virus, d’avoir 40 vaccins".

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