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980 JOURS APRÈS

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980 jours. Une éternité. Toute la relativité d’une vie y est passée. C’était il y a 980 jours, la dernière fois que le Sénégal et ses Lions quittaient ce stade mythique, témoin de leurs tragédies, de préfaces de leurs livres d’histoire inachevée, de leurs drames, de leurs succès fugaces… Le stade international du Caire a souvent fait peur aux ogres du continent mais a rarement fait trembler le Lion d’Afrique de l’Ouest. Le souvenir le plus frais ramène aux larmes sénégalaises qui ont inondé cet immense antre bâti au cœur de Nasr City, quartier huppé du Caire. C’était il y a 980 jours. Comme si c’était hier.

En revenant ici, la plaie provoquée en un soir de juillet par ce tir matinal de Bounedjah, à la trajectoire aussi bizarre qu’improbable, a de grandes chances de se réveiller alors que l’on croyait la cicatrice définitivement fermée. Pourtant, en fermant un peu les yeux, non pas pour fuir le retour de la douleur de la plaie ouverte il y a 980 jours, mais pour plonger encore un plus dans les tréfonds de nos souvenirs, on trouvera assurément moult traces de moments qui ont construit le fondement du sacre bâti il y a 46 jours, le 6 février dernier à Yaoundé, face à notre hôte de ce jour.

On constatera, en effet, que toutes les grandes pages de l’histoire récente du football sénégalais ont toujours eu une importante base cairote. 1986, avec Cheikh Seck, Bocandé, Thierno Youm, Oumar Guèye Sène et compagnie pour une victoire en match d’ouverture qui est restée dans la mémoire collective en y laissant l’aigre-doux d’une histoire inachevée. Ou 20 ans plus tard, quand un parcours irrégulier y prenait fin, en demi-finale, par la grâce d’un arbitre clairement favorable au pays hôte. Ou encore en 2001, quand El Hadji Diouf, Tony Sylva, Lamine Diatta, Aliou Cissé (tous présents autour de l’équipe actuelle) et consorts y posaient les pas fondateurs de leur pèlerinage à la grande messe du football mondial. Ou, plus récemment, en 2014, quand une partie de cette génération parée d’or il y a 46 jours venait infliger à Salah et sa bande une deuxième correction de suite (victoires 2-0 à l’aller à Dakar et 1-0 au retour au Caire) sur la route de la CAN 2015. A l’époque, il n’y avait pas encore Cissé sur le banc, mais il y avait déjà Mané, Kouyaté, Gana Guèye mais encore Salah, El Shenawy et Elneny dans le camp d’en face. Ou même encore il y a 980 jours, pour ceux qui veulent voir l’histoire sous une autre perspective, quand les Lions y validaient leur premier chantier qui a abouti au sacre de février 2022, avec une finale perdue, certes, mais une finale de CAN quand même, pour une Nation qui n’en a vécu que trois.

C’est donc ici que les Lions reviennent poser une nouvelle brique de leur histoire en perpétuelle construction, là où ils avaient quitté la crinière baissée, le moral en décrépitude, les larmes à la poitrine… sans se douter que 980 jours plus tard, ils reviendraient avec un tout autre statut et une toute autre allure. Le temps passe tellement vite.

De nos envoyés spéciaux au Caire
BNF, Pape M. DIAW et Sidy NIANG

25 mars 2022


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