Le dossier Khadim Bâ mérite d’être traité avec toute l’attention et l’équité que requiert la justice. Après vingt mois de détention, il est urgent que les autorités compétentes se prononcent clairement sur cette affaire.
Un traitement juste et équitable est indispensable pour préserver la confiance des citoyens vis à vis de institution judiciaire mais également, garantir le respect de la présomption d’innocence. Au-delà de la personne concernée, c’est l’image du Sénégal et la stabilité de sa souveraineté énergétique qui sont en jeu.
La Douane sénégalaise reproche à Khadim Bâ :
1. D’avoir fourni de faux documents à des banques pour se faire payer des bateaux fictifs qui ne seraient jamais arrivés au Sénégal.
2. De ne pas avoir payé les droits d’importation qui lui étaient dus.
3. De ne pas avoir rapatrié 44 milliards FCFA sur un chiffre d’affaires déclaré de plus de 800 milliards.
Des accusations que la défense de Khadim Bâ rejette fermement, en apportant des éléments précis :
1. La SAR a confirmé officiellement que les bateaux en question sont bien arrivés et que tous les droits de douane ont été payés, pièces justificatives à l’appui.
2. Un expert financier indépendant, mandaté par les juges, a confirmé que la SAR était l’importateur et que les droits avaient été réglés.
3. Dakar-Pétrole, la plateforme obligatoire par laquelle passent toutes les importations de fuel au Sénégal, a également validé l’arrivée des bateaux avec les pièces justificatives.
4. Sur l’accusation de non-rapatriement de devises : toutes les transactions financières concernées ont été réalisées en FCFA, sur le sol sénégalais. Aucun franc n’a quitté le territoire. La BCEAO a validé l’ensemble de ces opérations.
A la lumière de ces éléments de réponse, il apparaît indispensable que la Douane sénégalaise ou les autorités compétentes prennent leurs responsabilités et édifient l’opinion nationale sur une affaire qui dure depuis maintenant vingt mois. La transparence et l’équité exigent que la vérité soit établie afin de préserver la stabilité de notre secteur énergétique.
Il est particulièrement troublant de constater que Lan Mazanek, PDG de Transcorp, qui serait poursuivi pour défaut de rapatriement de plus de 164 milliards FCFA, aurait été libéré après une transaction d’un peu plus de 32 millions FCFA. Coris bank qui également qui serait indexé pour un montant de 846 milliards aurait transigé pour 557 millions.
Cette différence de traitement entre un acteur étranger et un champion national soulève de sérieuses interrogations sur l’équité de notre justice économique et sur la manière dont sont appliquées les règles dans des dossiers similaires.
Dakar le 9 juin 2026
Babacar Ba
Forum du justiciable






