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À DOUALA, LES MOTOS-TAXIS FONT LA LOI

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Contrairement à Dakar où elles ne sont plus en odeur de sainteté, les motos-taxis ont pignon sur rue à Douala. Le reportage de notre envoyée spéciale, Dié Ba.

Près d’une heure du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, on tourne le dos à Douala. Direction : Bafoussam, camp de base des Lions du Sénégal, à la quête d’un premier sacre, à la Coupe d’Afrique des nations (CAN). En attendant de découvrir notre lieu de destination, on insiste sur le lieu de départ. Douala, une ville bruyante. "Au Cameroun, soit tu es fort, tu avances, soit tu es faible, on te dépasse". Une sortie fracassante de Michel, chauffeur de taxi depuis 30 ans, qui en dit long sur la manière de conduire au Cameroun.

La méthode musclée est privilégiée par les conducteurs. Le constat a été fait sur le court trajet entre l’aéroport international de Douala et Bamenda. Selon Wikipedia, elle constitue la ville la plus peuplée du Cameroun anglophone. Si à Dakar, on estime qu’il y a trop de véhicules, à Douala, on remarque que les motos-taxis sont monnaie courante comme dans plusieurs capitales africaines. Mais, leurs conducteurs se disputent même les trottoirs avec les piétons. En effet, les motocyclistes ne sont pas étrangers à cette situation décrite plus haut. Loin de là, ils circulent par hordes, causant un désordre indescriptible.

L’un d’eux s’est arrêté devant une boutique, garant son imposante moto à l’horizontal, en pleine circulation. Il a fait ses achats et est ressorti, pas du tout pressé, alors qu’on est dans une rue très fréquentée par les bus. Autre scène : alors qu’un de ses collègues était en pleine négociation avec un potentiel client, un autre s’est garé entre eux, posant son pied sur son guidon avant de sortir, tranquillement, son portable de sa poche.

Au Cameroun, les sièges des motos peuvent porter toute une famille. La scène a été photographiée, en pleine nuit, près du terminus. Un couple s’est permis d’enfourcher une moto, leur bébé serré entre eux. En plus du chauffeur, il y avait quatre passagers. Mais, quand il y a trois passagers, c’est une fille qui est souvent prise en sandwich. Si ce n’est pas du côté des passagers ou clients, c’est à un surplus de bagages.

Plus l’heure file, ce vendredi soir, plus ils sont déchaînés. Il faut dire que les motos sont très prisées. Une femme enceinte qui vient de terminer son boulot a préféré en prendre une plutôt que d’arrêter un taxi.

Nuisance sonore

A part ça, le Camerounais est quelqu’un d’un abord facile. Très amical, il engage facilement la conversation avec un étranger. La preuve !!! Dès son arrivée, le premier réflexe du chauffeur du bus a été de souhaiter une bonne année aux passagers. Sauf que dès qu’il a fini avec les salamalecs, il a connecté sa clé Usb à un câble pendant, mettant la musique à fond. Encore du bruit. Des passagers venus du Sénégal lui ont fait la remarque. Fair-play, il s’est empressé de diminuer le volume.

Pour rappel, des motos pour le transport payant de personnes sont interdites, à Dakar. Pour le gouverneur de Dakar, Al Hassan Sall, elles sont « inadaptées » à la capitale sénégalaise, « du fait de la densité du trafic automobile », et présentent « des risques pour la sécurité des personnes » : accidents de la route, agressions ou vols à l’arraché.

La Police et la Gendarmerie ont été actionnées pour « redoubler de vigilance » pour combattre « cette pratique dangereuse », « en effectuant un contrôle systématique sur toute moto transportant plus d’une personne ».

Dié BA
Envoyée spéciale

8 janvier 2022


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