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À J-3, LES ÉLECTEURS PAS TROP ACCROCHÉS

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En Gambie, à la veille de la clôture de la campagne électorale entamée, il y a trois semaines en vue des législatives de samedi prochain, ce n’est pas l’engouement autour de ce rendez-vous électoral. A part quelques affiches publicitaires dans les rues, rien n’indique l’imminence de l’échéance. L’élection des 53 députés qui devront représenter le peuple à l’Hémicycle les 5 prochaines années, semble ne pas être une préoccupation majeure pour les électeurs. La conjoncture économique difficile, combinée à la période de Ramadan, refroidit l’ardeur de ces derniers. Conséquence : un taux d’abstention qui risque d’être particulièrement élevé est redouté.

Milieu de journée au rond-point trafic light, sur la principale avenue de la capitale gambienne. La circulation est plutôt fluide. Kéba Touray, taximan est à la recherche de passagers pour Senegambia, à quelques kilomètres sur la station balnéaire. La cherté de la vie avec la récente augmentation du prix du litre d’essence et du fuel le préoccupe plus. Ayant perdu sa carte d’électeur, il ne s’intéresse pas vraiment au vote qui a lieu dans 72h.

« Ce scrutin est relégué au second plan, constate-t-il. Nous sommes en plein mois de ramadan et les gens se démènent pour joindre les deux bouts. On aurait dû repousser un peu ce vote ».

Autre électeur, autre désintéressé. Ce jeune sortant juste de la Banque qui a requis l’anonymat. Il avoue sans ambages n’avoir pas suivi la campagne électorale et ne compte d’ailleurs pas voter.

Ombre à l’élection
« C’est comme s’il y avait d’élections. Personne n’en parle et rien n’est fait pour inciter les gens à voter, se désole ce Gambien. Je ne voterai pas. Je l’ai déjà fait à la présidentielle ».

Landing Bojang, un autre jeune, lui, compte bien voter même s’il reconnait que le contexte a fait de l’ombre à l’échéance.
Les gens ont tendance à négliger cette élection. On pense que les députés jouent des seconds rôles. En plus, le ramadan est très prenant les gens se focalisent sur ça. Néanmoins, je compte accomplir mon devoir civique, c’est important.

Cet électeur d’exhorter la Commission ainsi que les candidats à intensifier la campagne de communication pour éviter un taux d’abstention très élevé cette fois-ci, contrastant avec la présidentielle où le taux de participation a avoisiné les 90%.

Amadou BARRY
(Correspondant)

7 avril 2022


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